Forêt ou pas forêt ?

Quand je parle de notre alimentation végétalienne, sans produits animaux donc, certains me répondent que l’élevage d’animaux est utile et même nécessaire à l’homme. (NB : depuis l’écriture de cet article, nous avons réintroduit des produits animaux dans notre alimentation, de façon occasionnelle). 

La plupart de ces personnes ne parlent évidemment pas d’élevage intensif comme on peut le rencontrer aujourd’hui la plupart du temps. Elles envisagent un élevage où les bêtes sont traitées correctement, élevées en plein air, mangent une nourriture saine. Bien sûr, tous ceux qui ont arrêté de consommer de la viande pour être respectueux vis-à-vis des animaux pourront avancer que même dans un mode d’élevage « respectueux », il faut bien à un moment où à un autre tuer l’animal. 

Mais revenons à la question initiale : pourquoi devrions-nous avoir besoin des animaux ? Ce qu’on m’a répondu plusieurs fois, c’est que l’homme a besoin de « visuel« , c’est-à-dire de voir loin (selon ces personnes, c’est cette vue lointaine qui développerait son âme). Pour cela, il y a besoin de beaucoup d’espace sans forêt. Et quoi de mieux pour « désherber » un forêt ? L’élevage !

Quant à moi, je ne suis pas persuadée qu’il y ait besoin de couper des forêts pour que l’homme évolue… Et j’aurais plutôt tendance, au contraire, à vouloir replanter massivement des arbres (et des arbres fruitiers en l’occurrence) pour le plus grand bien-être de mes enfants et de leurs enfants après eux…

Mais admettons que nous ayions besoin de cette vision lointaine. Nous pourrions obtenir ces pairies en élevant des moutons ou des chèvres pour leur laine et les tondre de façon respectueuse. A ce propos, il existe une vidéo dans laquelle on voit un artiste de la tonte qui s’occupe des bêtes sans qu’elles en ressentent aucun stress : on voit l’animal s’abandonner entre ses mains, et repartir tout tranquillement lorsque c’est fini ! Il y a même une brebis qui reste sur ses genoux sans vouloir s’en relever à la fin. Bien entendu, ça demande beaucoup beaucoup plus de temps que la tonte traditionnelle, mais dans la mesure où ce projet s’inscrirait dans un respect global de la Terre, des plantes, des animaux et des hommes, je crois qu’il faudrait s’y astreindre ! Et puis bien sûr, on laisserait ces animaux finir leur vie tranquillement, sans les abattre lorsqu’ils deviennent « inutiles ».

Et puis, la culture des céréales demande aussi des champs : pour l’alimentation humaine ou pour la culture de la paille de construction écologique, ces champs permettraient aussi s’ouvrir l’horizon.

Le bois sera toujours aussi nécessaire, que ce soit pour le chauffage ou la construction de maisons et de meubles, et des coupes seront donc réalisées régulièrement dans les forêts. 

Maintenant, ce que je crois en mon for intérieur : les forêts sont gages d’un bien meilleur monde… Les forêts permettent non seulement de préserver le climat en le régulant, et donc en empêchant nombre de catastrophes écologiques, mais elles permettent aussi (et surtout je dirais) de préserver des populations entières de la famine, de la misère, de la souffrance…

Un acre de jardin-forêt (ou de forêt menée en permaculture, comme vous préférez l’appeler) permettra ainsi de nourrir plus de dix personnes !

Tandis qu’uns même surface de céréales n’en nourrira même pas 5… tout en devant utiliser pesticides, engrais, machines et carburant, avec toutes les conséquences que cela peut avoir.

J’irai même plus loin : un jardin-forêt constitué, donc au bout de… je dirai une dizaine d’années, n’a plus besoin que de très peu de travail : presque pas d’entretien, juste les cueillettes. Les populations qui en jouissent peuvent donc se consacrer à tout autre chose que le dur labeur nourricier. Ainsi, on l’oublie souvent, mais les groupes humains qui peuplaient les grandes forêts dont il vivaient se consacraient pour une grande partie de leur temps aux relations humaines, au vivre-ensemble, et à l’art !

Est-ce que ce n’est pas une vie que vous souhaiteriez pour vos enfants ? Moi oui !

“La forêt précède les peuples, le désert les suit.” (Chateaubriand)

“La différence entre un désert et une forêt, ce n’est pas l’eau, c’est l’homme.”

“Le meilleur moment pour semer une forêt, c’est il y a vingt ans. Le second meilleur moment, c’est aujourd’hui.” (proverbe africain)

 

Quelques liens et vidéos :

Francis Hallé : Les arbres sont nos meilleurs alliés
À l'occasion de la sortie d'Il était une forêt, le nouveau documentaire de Luc Jacquet, le botaniste Francis Hallé, qui a inspiré le film, explique à L'Express les secrets comme les beautés ...

Le sujet de l’élevage est vaste et complexe, et ce n’est pas cet article qui y donnera une quelconque solution, mais j’espère avoir donné quelques informations qui vous inciteront à planter des arbres, partout !!

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6 réponses

  1. Marion dit :

    Merci pour ce bel article. Je suis bien d’accord avec vous et je suis contente de trouver un article à faire lire à mon entourage. Bonne continuation.

  2. Mande dit :

    Je suis végétarienne et je me pose beaucoup de questions sur le sort que l’on réserve aux animaux. J’ai pourtant choisi d’élever des chèvres laitières pour faire du fromage, après la merveilleuse saison des naissances va arriver celle bien triste où certains chevreaux vont nous quitter. Je n’aime pas ce moment là, vraiment pas, pourtant d’un autre côté je vois le nombre certain d’animaux auquel je permets de vivre. Vous citez le cas du mouton que l’on pourrait élever pour sa laine, oui pourquoi pas, mais et les autres ? Les chats, les chiens, on oublie alors il faut leur donner de la viande d’autres animaux pour manger. Les vaches à quoi pourraient elles servir, les chèvres, les poules, les oies et j’en passe? Seuls les chevaux pourraient trouver encore une place parmi nous vu l’intérêt qu’on leur porte pour les monter, plus les moutons, ça fait bien peu d’animaux qui trouveront grâce à nos yeux. Certains plus attendrissant que d’autres ou pas trop encombrant comme les lapins pourront mériter une existence et après ? Les autres on leur trouve une place au zoo (bof ) ou alors on pourrait envisager de leur rendre leur liberté, il y a bien le cas des biches, des sangliers,des renards, des loups, ah oui tiens et est-ce que ces animaux ne finissent pas par toujours poser un problème à l’homme, trop nombreux ils font trop de dégâts, il faut réguler (ce qui signifie quoi en d’autres termes ?)…Non organiser tout cela n’est pas simple… Je suis pour la forêt, pour les animaux, pour que tout le monde cohabite parce que nous représentons tous la biodiversité, que si la nature a prévu qu’il y aient des animaux ils ont leur importance. Alors ce qui compte pour moi c’est le respect et la mesure, il y a trop d’élevages irrespectueux, mais je ne suis pas sûre que la solution se trouve dans le fait de supprimer complètement l’élevage, il faut trouver un équilibre, il me semble…

    • Maco dit :

      Le problème c’est que nous avons fait dégénéré la nature, aucunes des espèces animales que nous exploitons n’est faite pour survire sans l’homme… pensez aux poules, quel oiseau produit plus de 200 oeuf dans la nature? aucun. Au fil des générations nous avons fait "évoluer" les espèces pour qu’elles nous soient rentables (et encore… Si c’était le cas les paysans ne dépendraient pas des subsides de l’état… ). La solution c’est peut-être de stopper la production de bétail et de laisser ces races artificielles s’éteindrent?

    • Camélicot dit :

      Bonjour Mande, et merci pour le partage de ta réflexion.
      A propos des animaux que tu cites : les chats, chiens, lapins de compagnie, les vaches, les poules, les cochons… ce sont des races qui ont été peu à peu modelées par l’homme à partir d’espèces sauvages, pour convenir à ses besoins. S’ils ne peuvent se débrouiller seuls dans la nature, c’est bel et bien à cause de l’homme. Alors si on arrêtait leur reproduction forcée, ces espèces disparaîtraient certainement en une ou deux générations. Bon, mis à part les chats certainement dont quelques uns pourraient s’adapter aux forêts et / ou prairies.
      Ce n’est donc pas un vrai problème.
      Quant au fait de monter les chevaux, je trouve ça cruel aussi, vue la souffrance que ça entraîne pour eux !
      Donc laissons-donc les animaux vivre leur vie d’animaux 😉

      Ensuite, si les animaux sauvages finissent pas pulluler et poser des problèmes aux hommes, c’est bel et bien encore une fois A CAUSE de l’homme, et de la déforestation qui a entraîné la disparition de leurs prédateurs : si les sangliers et les biches pullulent, c’est parce qu’il n’y a plus de loups ou d’ours dans nos montagnes (ou si peu…). Et si les loups et les ours font peur à beaucoup, c’est tout simplement à cause des élevages ! S’il n’y a plus d’élevages, il y a donc plus de forêts, donc plus de place pour les gros carnivores, donc plus de problème de surpopulation des mammifères moyens et petits…

      La nature fait tellement bien les choses si on la laisse faire !
      Souvent, c’est notre intelligence, qui nous a permis de faire des progrès, qui nous pousse aussi vers notre perte. Alors utilisons-là avec bon sens 😉

  3. Alexandra dit :

    Vaste sujet de débat … j’ai encore du mal à trouver ma place … élevage respectueux ou supprimer complètement l’élevage ??? Je vais visionner tes vidéos, elles m’aideront peut être à y voir plus clair! Merci encore pour ces liens.

  4. Anne-Marie dit :

    "Il n’y aura jamais assez de mains pour planter les arbres dont nos enfants auront besoin." ‘Valmy Féaux)
    http://www.youtube.com/watch?v=ZbG7nbWrp50

    http://www.youtube.com/watch?v=i-QJ1yp7MV0

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