La fessée en question
par Camélicot · Publié · Mis à jour
Une petite fessée de temps à autre, ça ne fait pas de mal, n’est-ce pas ?
Et puis nous en avons tous reçu quelques unes lorsque nous étions enfants, et nous ne nous en portons pas plus mal après tout.
Au contraire, nous sommes plutôt bien éduqués. Alors, la fessée ?
Pour illustrer mon propos, je voudrais vous donner l’exemple de la Suède.
Ce pays nordique en avance sur tant de choses au niveau socila a interdit tout châtiment corporel par une loi de 1979.
Depuis, pas un seul enfant n’est décédé des suites de maltraitances familiales… De plus, le nombre d’enfants enlevés à leurs parents par les services sociaux a été divisé par 4…
Coïncidence ?
Cette loi suédoise a été reprise plus tard par de nombreux pays : le Danemark, la Finlande et la Norvège (encore des pays « nordiques »), mais aussi l’Autriche par exemple.
D’autres Etats se penchent sur la question : l’Allemagne, l’Irlande, la Suisse et la Belgique, pour ne reprendre que ceux qui sont le plus proches de nous.
N’avez-vous jamais vu un parent qui, pour apprendre à son enfant qu’il est mal de taper un petit camarade, le frappait à son tour ?
Et lorsque nous ne sommes pas d’accord avec ce que fait un de nos collègues ou notre compagnon, le frappons-nous pour clore le débat ou tentons-nous de lui faire entendre notre point de vue pour qu’il change son comportement ?
La vraie question serait plutôt à chercher par ici :
Sommes-nous capables de ne plus frapper nos enfants, et de chercher d’autres moyens « civilisés » de leur faire comprendre les valeurs qui sont importantes pour nous, et les règles qui en découlent ?
Sommes-nous prêts à considérer nos enfants comme des êtres humains à part entière ?
Pour finir :
Si vous croisez dans la rue un homme qui frappe son chien parce qu’il aboie trop fort, vous le trouvez cruel, n’est–ce pas ?
Si votre père frappait son frère pour lui faire entendre raison, vous seriez scandalisé par ce manque d’amour, n’est-ce pas ?
Si votre voisin de pallier frappe sa femme parce qu’elle a fait quelque chose qui ne lui a pas plu, vous irez dénoncer cette violence au commissariat le plus proche, non ?
Alors pourquoi nommer cette même violence « amour éducatif » lorsqu’il se porte sur ces êtres fragiles et sans défense que sont nos enfants ?