Le concombre, le concombre…

De la même famille que le melon, le potiron ou la courgette – les cucurbitacées –, le concombre est originaire de l’Himalaya. Les premières traces de cette plante annuelle rampante remonteraient à 10 000 avant notre ère.
Il a ensuite gagné l’Inde, puis le Moyen-Orient et la Chine avant de conquérir « les assiettes » des Égyptiens. Arrivé chez les Hébreux, il prend ses lettres de noblesse en apparaissant dans la Bible. Selon ses écrits, la sagesse de Salomon, la force de Samson et le lyrisme de David seraient dus aux vertus du concombre… En France, c’est Charlemagne qui le fit connaître en ordonnant sa culture sur ses terres.
Mais ce long légume, très amer à l’époque, ne connaît vraiment le succès qu’au 17ème siècle. La Quitinie, en digne jardinier de Versailles soucieux de satisfaire son bon roi Louis XIV, qui raffolait de potages à base de concombres, inventa la culture de ce légume sous serre. C’est d’ailleurs le mode de production le plus courant aujourd’hui, au détriment de la culture en plein champ.

De mi-avril à juillet, le « cocombre », comme on l’appelait jusqu’au 17ème siècle, colore les étals en provenance notamment du Loiret ou de l’Yonne (cultivé en serre chauffée sous abri). Il existe de nombreuse variétés de ce légume, classées en deux familles :
– l’épineux : très amer, il est reconnaissable à ses quelques épines sur la peau. On le cultive avant tout dans le Sud de la France.
– le hollandais : c’est le plus courant sur nos marchés. Il a été développé aux Pays-Bas au lendemain de la Seconde guerre et a conquis les papilles grâce à sa très légère amertume.

Quant à ses propriétés, il renferme des minéraux et des oligo-éléments en quantité abondante, notamment du potassium (150 mg/100 g), du phosphore (23 mg/100 g) et du calcium (19 mg/100 g).
Pour tout juste 100 kcal, il est le champion toutes catégories de la densité minérale : 6 g alors que la moyenne des autres végétaux se situe aux alentours de 3 g ! Il est, par conséquent, un excellent dépuratif et diurétique. Avis aux estomacs bien accrochés : le jus de concombre consommé à jeun serait le meilleur des dépuratifs…

Toutes les vitamines sont présentes dans ce légume croquant, en particulier un bel éventail de vitamines B. Sa peau contient de la provitamine A et de la vitamine E qui aide à retarder le vieillissement des cellules.

Bien pourvu en fibres, il participe au bon fonctionnement du transit intestinal. Petit bémol toutefois : celles-ci peuvent irriter les intestins sensibles. Plutôt que de le faire dégorger, et en conséquence perdre une bonne partie de ses bienfaits, la meilleure solution reste d’en ôter la partie centrale (ces graines sont souvent indigestes) puis de le râper grossièrement. Autre précaution à prendre : le mastiquer soigneusement. Cela dit, contrairement aux idées reçues, il est tout à fait digeste grâce à la pepsine qu’il renferme.

Consommez-le cru, râpé, tranché, en dés, sous forme de salade pour une entrée légère. Arrosé de jus de citron, d’un filet d’huile d’olive, ou accompagné de yaourt de soja relevé de poivre et de menthe, c’est le hors d’œuvre idéal !
Râpez-le dans de la crème épaisse de soja avec de l’ail, de la menthe, de la coriandre et vous obtiendrez un excellent tzaziki à la mode grecque à moins que ce ne soit sa variante indienne, le raïta.
Et pour un côté ludique et décoratif, taillez-le en rubans à l’aide d’un économe pour en tapisser vos terrines ou enrouler autour de bouchées, à cuire avec des tagliatelles ou simplement pour décorer vos plats.
Ou encore faites-en des billes à la cuillère parisienne. Vos salades prendront alors des airs de fête !

Même si c’est cru qu’on le mange le plus souvent, il se révèle tout aussi délicieux une fois cuit. Utilisé alors comme une courgette, qu’il peut d’ailleurs remplacer, il accompagne à merveille les plats de viandes et de poissons. Il se décline à l’infini : poêlé, sauté au beurre, cuit à l’étuvée, à la béchamel, au gratin…
Il revisite les traditionnels farcis, version plus diététique, une fois blanchi, creusé et rempli de riz, de champignons, d’olives… Assez fade toutefois il ne faut pas hésiter à user et abuser de condiments pour rehausser sa saveur (ail, poivre, piment, fines herbes…)

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2 réponses

  1. mamapasta dit :

    cuit, maintenant que tu m’y fait penser, j’ai vu que dans le livre de cuisine de mon arrière grand mère, ils ne le mangeaient que comme cela, il faut que j’essaye.

    • Camélicot dit :

      Moi je le cuisine régulièrement ainsi, juste poëlé à feu très doux à couvert, avec de la margarine, du el et du cumin en poudre : c’est encore comme ça que je le préfère, il fond sous la dent !

      .

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