{"id":6553,"date":"2012-03-09T07:35:00","date_gmt":"2012-03-09T07:35:00","guid":{"rendered":"https:\/\/cooklicot.fr\/blog\/un-conte-sur-les-oiseaux-migrateurs\/"},"modified":"2012-03-09T07:35:00","modified_gmt":"2012-03-09T07:35:00","slug":"un-conte-sur-les-oiseaux-migrateurs","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cooklicot.fr\/blog\/un-conte-sur-les-oiseaux-migrateurs\/","title":{"rendered":"Un conte sur les oiseaux migrateurs"},"content":{"rendered":"<div>\n<div>\n<p><span >Comme je vous l&rsquo;ai dit il y a quelques jours d\u00e9j\u00e0, nous avonsla chance d&rsquo;\u00eatre sur le passage des oies sauvages lorsqu&rsquo;elles partent pour le sud et en reviennent&#8230;<\/span><br \/><span >Voici donc un conte sur ce rendez-vosu particulier qui revient deux fois par an :<\/span><\/p>\n<p><span ><span >Yolanda et Albert \u00e9taient deux petites oies sauvages aussi gentilles l&rsquo;une que l&rsquo;autre. L&rsquo;ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente, elles \u00e9taient sorties de leur oeuf \u00e0 quelques jours d&rsquo;intervalle, et colmme leurs parents nichaient pr\u00e8s du m\u00eame lac, elles ne s&rsquo;\u00e9taient plus quitt\u00e9es.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span ><span >Leur premier printemps fut absolument merveilleux : tous deux avaient appris \u00e0 nager sur les eaux du lac, c&rsquo;\u00e9tait tellement d\u00e9licieux de patauger dans l&rsquo;eau fra\u00eeche et claire, d&rsquo;observer les poissons, de jouer entre les roseaux ! Les deux amis avaient aussi appris \u00e0 voler, d&rsquo;abord maladroitement, puis de fa\u00e7on de plus en plus assur\u00e9e.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span ><span >L&rsquo;\u00e9t\u00e9 qui suivit fut tout autant agr\u00e9able : ils volaient ensemble de longues heures au-dessus des for\u00eats vertes et fra\u00eeches, des prairies fleuries, des pr\u00e9s o\u00f9 broutaient les animaux. Ils faisaient la sieste \u00e0 l&rsquo;ombre des hautes herbes pr\u00e8s du lac, visitaient de petits \u00e9tangs voisins&#8230;<\/span><\/span><\/p>\n<p><span ><span >Mais durant l&rsquo;automne, les jours ne furent pas si beaux. La nature peu \u00e0 peu changea : les arbres prirent des couleurs flamboyantes avant de perdre leurs feuilles, le soleil se cachait plus souvent, des pluies froides les obligeaient \u00e0 rester blottis pr\u00e8s de leurs parents&#8230; Le vent se gonfla de grosses bourrasques qui les faisaient chavirer dans les airs.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span ><span >Et lrosque l&rsquo;hiver survint, ce fut vraiment affreux : la neige recouvrit tout, cachant les graines et les herbes qu&rsquo;ils auraient pu manger. La faim les tenaillait, le froid glacial les p\u00e9trifiait, le vent les faisait souffrir&#8230; Les jours succ\u00e9daient aux jours, plus affreux les uns que les autres. Plus d&rsquo;une fois, Yolanda et Albert crurent mourir ! Mais leurs parents les serraient contre eux pour els prot\u00e9ger du froid et de la neige, ils leur abandonnaient les minuscules morceaux de nourriture difficilement trouv\u00e9s&#8230;\u00a0<\/span><\/span><\/p>\n<p><span ><span >Heureusement, le printemps revint, et la vie reprit son cours. Mais la colonie d&rsquo;oies sauvages n&rsquo;\u00e9tait plus aussi insouciante que l&rsquo;ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente. Yolanda et Albert reprirent leurs promenades sur le lac, leurs vols au-dessus des for\u00eats, mais ils assistaient aussi \u00e0 de longs conciliabules entre les oies adultes. Toutes semblaient graves&#8230;<\/span><\/span><\/p>\n<p><span ><span >Un soir, alors que l&rsquo;automne revenait,\u00a0les parents de Yolanda lui expliqu\u00e8rent qu&rsquo;apr\u00e8s de longues discussions, la colonie avait d\u00e9cid\u00e9 de se d\u00e9placer vers le sud, dans un pays o\u00f9 le froid n&rsquo;existait pas : la vie y serait plus belle ! Alors commen\u00e7a levoyage le plus long jamais entrepris par les oiseaux : ils volaient des jours entiers avant de se poser quelques heures surun lac ou un \u00e9tang afin de se reposer et detrouver de quoi se nourrir. C&rsquo;\u00e9taittr\u00e8sdur pour les petites oies, mais Albert et Yolanda volaient c\u00f4te-\u00e0-c\u00f4te et s&rsquo;encourageaient l&rsquo;un l&rsquo;autre lorsque leurs ailes se faisaient lourdes.\u00a0<\/span><\/span><\/p>\n<p><span ><span >Un soir, alors qu&rsquo;ils avaient vol\u00e9 plus longtemps encore que les jours pr\u00e9c\u00e9dents, leurs effortsfurent r\u00e9compens\u00e9s : leurs parents leur annonc\u00e8rent qu&rsquo;ils \u00e9taient arriv\u00e9s dans leur nouveau lieu de vie. Albert \u00e9tait bien trop fatigu\u00e9 pour s&rsquo;en r\u00e9jouir, et il s&rsquo;endormit sur le champ. Mais le lendemain matin, quelle surprise il eut en ouvrant les yeux !<\/span><\/span><\/p>\n<p><span ><span >Sous ses yeux \u00e9bahis s&rsquo;\u00e9panouissaient des fleurs aux couleurs \u00e9clatantes et aux parfums enivrants, des arbres exotiques qu&rsquo;il n&rsquo;avait jamais vus, et les eaux pr\u00e8s desquelles les oies avaient pris place \u00e9taient d&rsquo;un bleu turquoise&#8230; Yolanda le rejoint et ils partirent otus les deux \u00e0 la d\u00e9couverte du royaume du soleil : que dejoies en perspective ! Leur automne se passa ainsi, de surprise en surprise et de d\u00e9couverte en d\u00e9couverte. Quant \u00e0 l&rsquo;hiver, il n&rsquo;aurait pu \u00eatre plus beau : les temp\u00e9ratures \u00e9taient douces, il n&rsquo;y avait ni neige ni pluie glac\u00e9e, l&rsquo;eau regorgeait toujours de nourriture, et le vent ti\u00e8de les portait d\u00e9licieusement dans els airs&#8230; Quelle chance ils avaient d&rsquo;\u00eatre ici, loin des terres froides du Nord !<\/span><\/span><\/p>\n<p><span ><span >Le printemps revint \u00e0 son tour. Yolanda et Albert \u00e9taient des oies adultes maintenant, et ils devraient bient\u00f4t trouver un partenaire pour la vie, afin de fonder une famille, avoir de petits oisons&#8230; Ils passaient de plus en plus de temps ensemble, et il semblait que rien ne pourrait jamais les s\u00e9parer ! Leur amiti\u00e9 se transformait en un bel amour, qui grandissait de jour en jour. Mais tous deux souffraient d&rsquo;une grande timidit\u00e9 qui les emp\u00eachait d&rsquo;avouer leurs sentiments v\u00e9ritables. Alors ils se contentaient de profiter du jour pr\u00e9sent aux c\u00f4t\u00e9s de leur \u00e2me soeur&#8230; C&rsquo;est donc ensemble qu&rsquo;ils virent le soleil briller de plus en plus haut dans le ciel, de plus en plus fort&#8230; L&rsquo;hiver avait \u00e9t\u00e9 agr\u00e9able avec ses temp\u00e9ratures douces, le printemps fut un paradis avec des temp\u00e9ratures chaudes \u00e0 totue heure du jour et de la nuit !<\/span><\/span><\/p>\n<p><span ><span >Seulement, l&rsquo;\u00e9t\u00e9 vint lui aussi&#8230; Et avec lui, la chaleur devint toride. Le soleil semblait ne jamais vouloir se coucher, et m\u00eame les nuits, la chaleur devenait insupportable ! Les oies \u00e9taient accabl\u00e9es par ces temp\u00e9ratures qui ne baissaient pas, et chercher leur nourriture devenait de plus en plus difficile lorsque bouger sous la chaleur accablante \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 un supplice. M\u00eame les eaux du lac ne les rafra\u00eechissait plus. Au contraire, sous l&rsquo;effet de la chaleur, elles \u00e9taient devenues vaseuses&#8230; L&rsquo;\u00e9t\u00e9 dans le Sud fut aussi difficile \u00e0 vivre que l&rsquo;hiver dans le Nord.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span ><span >Alors certaines oies sauvages commenc\u00e8rent \u00e0 parler d&rsquo;un retour vers le Nord, afin d&rsquo;\u00e9chapper aux chaleurs torides. Les autres ne voulaient pas en entendre parler : revivre un hiver glacial ? Jamais !\u00a0<\/span><\/span><em >Au bout de quelques jours, la colonie \u00e9tait divis\u00e9e en deux clans oppos\u00e9s : les uns voulaient retourner vivre dans le Nord, les autres tenaient \u00e0 rester dans le Sud.\u00a0<\/p>\n<p><em >Malheureusement, les parents de Yolanda faisaient partie des premiers, et les parents d&rsquo;Albert des seconds&#8230; Alors lorsque les deux clans d\u00e9cid\u00e8rent finalement de se s\u00e9parer pour fonder deux colonies distinctes, qui s&rsquo;installeraient o\u00f9 elles le souhaitaient, Yolanda suivit sa famille pour le long vol du retour vers le Nord, tandis qu&rsquo;Albert restait avec les siens pr\u00e8s du lac du Sud.<\/p>\n<p><em >Quel d\u00e9chirement pour les deux jeunes oies ! Mais elles ne oouvaient se r\u00e9soudre \u00e0 quitter leurs parents, leurs fr\u00e8res et soeurs, leurs oncles et tantes&#8230; La veille du d\u00e9part des partisans du retour vers le Nord, Albert et Yolanda se retrouv\u00e8rent seuls pr\u00e8s d&rsquo;une petite mare \u00e0 quelques minutes de vol de leur lac. L\u00e0, ils os\u00e8rent enfin s&rsquo;avouer leru amour&#8230; Mais quelle tristesse de savoir que l&rsquo;autre les aimait aussi, puisque c&rsquo;\u00e9tait pour se quitter \u00e0 jamais ! Ah, pourquoi ne pouvait-il exister un endroit merveilleux, o\u00f9 l&rsquo;hiver \u00e9tait doux et l&rsquo;\u00e9t\u00e9 agr\u00e9able ? Un \u00e9t\u00e9 comme dans le Nord, et un hiver comme dans le Sud ? Petit-\u00e0-petit, une id\u00e9e germa dans leurs esprits. Une id\u00e9e qui devait leur permettre de rester ensemble malgr\u00e9 tout&#8230; Tout excit\u00e9s, ils s&rsquo;envol\u00e8rent \u00e0 tire d&rsquo;aile pour revenir aupr\u00e8s des autres oies sauvages : le plus dur restait \u00e0 faire !<\/p>\n<p><em >Aussi ne perdirent-ils pas de temps et, chacun de son c\u00f4t\u00e9, commen\u00e7a \u00e0 parler \u00e0 son clan. Ce ne fut pas facile, et nos deux oies ne se permirent m\u00eame pas de fermer l&rsquo;oeil de la nuit, pour convaincre le plus d&rsquo;oies possible.\u00a0<\/p>\n<p><em >Et le lendemain, au moment o\u00f9 le grand envol \u00e9tait pr\u00e9vu, on vit nombre d&rsquo;oies h\u00e9siter, se demander que faire, tourner en rond&#8230; Apr\u00e8s tout, Albert et Yolanda n&rsquo;avaient-ils pas raison ? Pourquoi devaient-elles vraiment choisir entre le froid glacial et l&rsquo;\u00e9t\u00e9 toride ?<\/p>\n<p><em >Finalement, apr\u00e8s bien des discussions, toutes les oies sauvages de la colonie originelle reprirent leur place sur les bords du lac. Non pas qu&rsquo;elles aient choisi de rester toujours dans le Sud, mais parce qu&rsquo;elles avaient adopt\u00e9 la solution originale propos\u00e9e par Albert et Yolanda : vivre l&rsquo;hiver dans le Sud, et l&rsquo;\u00e9t\u00e9 dans le Nord&#8230; Faire deux migrations dans l&rsquo;ann\u00e9e, qu&rsquo;\u00e9tait-ce apr\u00e8s tout, compar\u00e9 aux souffrances de climats trop durs ?<\/p>\n<p><em >Albert et Yolanda exultaient : ils allaient pouvoir passer le reste deleur vie ensemble, sans plus jamais se quitter ! Ils fond\u00e8rent d&rsquo;ailleurs une jolie famille et eurent beaucoup d&rsquo;oisons, tous plus mignons les uns que les autres&#8230;<\/p>\n<p><em >Et c&rsquo;est depuis ce jour, et gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;ing\u00e9niosit\u00e9 de deux oies amoureuses, que les oies sauvages s&rsquo;envolent en automne pour profiter d&rsquo;un hiver cl\u00e9ment dans le Sud, et qu&rsquo;elles reprennent le chemin de leur migration vers le Nord, le printemps venu, pour vivre un doux \u00e9t\u00e9&#8230;<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Comme je vous l&rsquo;ai dit il y a quelques jours d\u00e9j\u00e0, nous avonsla chance d&rsquo;\u00eatre sur le passage des oies sauvages lorsqu&rsquo;elles partent pour le&#46;&#46;&#46;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":5261,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"iawp_total_views":41,"footnotes":""},"categories":[232],"tags":[51,52],"class_list":["post-6553","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-ief","tag-ief","tag-instruction-en-famille"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/cooklicot.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6553","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/cooklicot.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/cooklicot.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cooklicot.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cooklicot.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6553"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/cooklicot.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6553\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cooklicot.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media\/5261"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/cooklicot.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6553"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/cooklicot.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6553"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/cooklicot.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6553"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}