{"id":6710,"date":"2011-02-14T15:12:00","date_gmt":"2011-02-14T15:12:00","guid":{"rendered":"https:\/\/cooklicot.fr\/blog\/parce-que-je-crois-quun-autre-monde-est-possible\/"},"modified":"2011-02-14T15:12:00","modified_gmt":"2011-02-14T15:12:00","slug":"parce-que-je-crois-quun-autre-monde-est-possible","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cooklicot.fr\/blog\/parce-que-je-crois-quun-autre-monde-est-possible\/","title":{"rendered":"Parce que je crois qu&rsquo;un autre monde est possible"},"content":{"rendered":"<div>\n<div>\n<p><span >A\u00a0<span >premi\u00e8re vue, on dirait un petit village andalou typique, avec ses oliviers, sa baraque \u00e0 churros, sa terre rouge, ses maisons blanches et bien entretenues.En levant la t\u00eate, on peut entrevoir la diff\u00e9rence de ce village : le clocher se dresse \u00e0 deux pas de la calle Ernesto Che Guevara, entre l\u2019avenida Libertad et la calle Salvador Allende. En direction du centre, une fresque proclame\u00a0:<em >\u201cGuerra social contra el capital\u201d. Sans les deux restaurants, la petite \u00e9picerie, le kiosque \u00e0 journaux et la station-service, on se croirait en pleine enclave communiste, au c\u0153ur de l\u2019Europe. Seul le droit \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e rattache Marinaleda au syst\u00e8me capitaliste.\u00a0<em >\u201cNous faisons ce que nous pouvons, dans les limites de la Constitution espagnole\u201d, dit en souriant Manuel S\u00e1nchez Gordillo, 54\u00a0ans, fils d\u2019un \u00e9lectricien et d\u2019une femme au foyer, dipl\u00f4m\u00e9 d\u2019histoire de l\u2019universit\u00e9 de S\u00e9villle, barbe \u00e0 la Fidel Castro et keffieh. Depuis trente et un ans, il est le maire de cette commune situ\u00e9e \u00e0 mi-chemin entre Cordoue et S\u00e9ville.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span ><br  \/>Avec ses 2\u00a0700\u00a0habitants, Marinaleda est un condens\u00e9 d\u2019exp\u00e9rimentations \u00e9galitaires, la mise en \u0153uvre \u00e0 \u00e9chelle r\u00e9duite des <strong>principes anarcho-socialistes<\/strong> neutralis\u00e9s par quarante ans de franquisme et revenus sur le devant de la sc\u00e8ne depuis que la r\u00e9cession a mis l\u2019Espagne \u00e0 genoux. Pendant que le reste du pays paie les cons\u00e9quences de la crise immobili\u00e8re, avec un taux de ch\u00f4mage qui a atteint 20\u00a0%, \u00e0 Marinaleda tout le monde travaille, gr\u00e2ce \u00e0 un mod\u00e8le unique en Europe fond\u00e9 sur une \u00e9conomie \u00e0 90\u00a0% publique.<\/span><\/p>\n<p><span >La majorit\u00e9 des habitants sont employ\u00e9s par une coop\u00e9rative agricole o\u00f9 chacun re\u00e7oit le m\u00eame salaire\u00a0: 47\u00a0euros par jour, donc 1128 euros par mois. Ca peut para\u00eetre peu, mais le logement ne co\u00fbte presque rien. En effet, pour r\u00e9soudre le probl\u00e8me du logement (\u201c<strong>un droit et pas une marchandise<\/strong>\u201d, tel est le leitmotiv du maire), le conseil municipal a lanc\u00e9 il y a quelques ann\u00e9es un programme d\u2019autoconstruction. La ville met \u00e0 disposition un terrain, des mat\u00e9riaux, une pelleteuse, un projet d\u2019architecte et deux ma\u00e7ons\u00a0; au citoyen de se retrousser les manches pour construire sa maison.\u00a0<em >\u201cIl m\u2019a fallu quatre cent dix jours, mais j\u2019ai finalement quelque chose que je n\u2019aurais jamais obtenu dans un autre village\u201d, raconte Antonio Mart\u00ednez, 40 ans, mari\u00e9 et p\u00e8re de deux enfants. Le r\u00e9sultat\u00a0: un pavillon de 100\u00a0m\u00e8tres carr\u00e9s, avec un large patio et un double garage. Le prix\u00a0? Quinze euros par mois pendant cent trente-trois ans, le tiers du prix exig\u00e9 dans les villages limitrophes pour une maison du m\u00eame type.<\/span><\/p>\n<p><span >A Marinaleda, il n&rsquo;y a pas de probl\u00e8me de vandalisme, parce que chacun a particip\u00e9 \u00e0 la construction : l&rsquo;un a fait un banc, d&rsquo;autres entretiennent les parcs, chacun aide \u00e0 construire les espaces communs&#8230; Le fait que les budgets soient approuv\u00e9s par tous aide aussi \u00e0l&rsquo;absence de d\u00e9linquance.<\/span><\/p>\n<p><span >La confiance de ses administr\u00e9s, le maire la doit aussi \u00e0 sa gestion de la mairie : avant d&rsquo;accepter un mandat, chacun doit s&rsquo;engager par contrat \u00e0 \u00eatre le dernier \u00e0 percevoir un quelconque b\u00e9n\u00e9fice.Par exemple, si un terrain est allou\u00e9 et qu&rsquo;un \u00e9lu a besoin d&rsquo;une maison, il sera toujours le dernier sur la liste. Pour ce qui est de la r\u00e9mun\u00e9ration, les \u00e9lus ne touchent rien.<\/p>\n<p>Les critiques rappellent que tout cela serait impossible sans les fonds de la communaut\u00e9 autonome d\u2019Andalousie et accusent le maire de nourrir l\u2019utopie communiste avec l\u2019argent du capitalisme. Il coupe court\u00a0:<em >\u201cOn profite du syst\u00e8me, comme tout le monde.\u201d\u00a0A Marinaleda, il n\u2019y a pas de police municipale et des assembl\u00e9es publiques ont lieu chaque semaine sur la place du village. Le dimanche, les habitants travaillent gratuitement \u00e0 l\u2019entretien des rues et des parterres. Le Colectivo de Unidad de los Trabajadores (CUT, Collectif unitaire des travailleurs), le parti du maire, gouverne depuis 1979\u00a0: son programme politique pr\u00e9voyait l\u2019expropriation des 1\u00a0200\u00a0hectares de terres en friche du duc de l\u2019Infantado (suivant le principe \u00ab\u00a0la terre appartient \u00e0 ceux qui la travaillent\u00a0\u00bb), un objectif atteint en 1991 apr\u00e8s de nombreuses luttes. Depuis, il y a du travail pour tous \u00e0 la coop\u00e9rative, qui produit des f\u00e8ves, des poivrons et des choux-fleurs, r\u00e9colt\u00e9s par les hommes et mis en conserve \u00e0 l\u2019usine par une cinquantaine de femmes.<\/span><\/p>\n<p><span >Alors, Marinaleda, un mod\u00e8le \u00e0 exporter ?<\/span><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>A\u00a0premi\u00e8re vue, on dirait un petit village andalou typique, avec ses oliviers, sa baraque \u00e0 churros, sa terre rouge, ses maisons blanches et bien entretenues.En&#46;&#46;&#46;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":5261,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"iawp_total_views":0,"footnotes":""},"categories":[236],"tags":[],"class_list":["post-6710","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-nature"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/cooklicot.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6710","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/cooklicot.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/cooklicot.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cooklicot.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cooklicot.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6710"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/cooklicot.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6710\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cooklicot.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media\/5261"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/cooklicot.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6710"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/cooklicot.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6710"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/cooklicot.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6710"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}