« Picture Study » : Giuseppe Arcimboldo

Giuseppe Arcimboldo (1527 – 1593) est un peintre maniériste italien, célèbre pour ses portraits suggérés par des compositions de végétaux, des animaux ou même des objets astucieusement disposés.

Giuseppe Arcimboldo est né aux environs de 1527 à Milan, dans une famille de peintres d’origine noble. Il commence à se faire connaître à 21 ans en travaillant avec son père à la cathédrale de Milan, où il réalise des cartons de vitraux. Lorsque sa renommée s’étend, l’empereur de l’Empire Romain Germanique l’appelle pour devenir le portraitiste de la famille impériale. Il réalise alors des portraits très classiques.

 

Portrait de Maximilien II de Habsbourg et de sa famille

Peu après son arrivée à la cour, il commence la première série des quatre saisons, et laisse éclater un style pictural surprenant, qu’il appelle « les têtes composées ». Ce sont des portraits caricaturaux composés de plusieurs fruits, légumes, végétaux. Cette œuvre atypique provoque un engouement considérable à la cour.

Arcimboldo est un novateur dans la systématisation de ses portraits, mais il existe déjà une tradition, depuis l’Antiquité, redécouverte pendant la Renaissance, de masques bachiques ou hellénistiques, formés d’éléments pris dans la nature.

 

L’Hiver

Le Printemps

Plusieurs des artistes de la Renaissance, comme Léonard de Vinci et Jérôme Bosch, s’étaient intéressés aux visages monstrueux ou déformés par des jeux de miroirs, ainsi qu’aux compositions à base d’éléments détournés. Les peintures d’Arcimboldo sont donc conformes à la tradition maniériste et jouent en permanence sur le phénomène psychologique appelé paréidolie.

 

L’Automne

Dans ses tableaux, on ressent l’influence de la caricature chère à Léonard de Vinci. Certains tableaux comportent un ensemble d’animaux et objets, comme la série des quatre éléments ou celle sur les métiers. De tels tableaux sont des personnifications : l’artiste crée une allégorie, image donnant une personnalité physique à une réalité immatérielle.

 

Le Feu

Son chef d’œuvre passe pour être le portrait de Rodolphe II, composé uniquement de végétaux. Si Arcimboldi n’a pas eu d’élèves, il a inspiré de nombreux copistes de son temps, et le genre des têtes composées se perpétue aux XVIIème et XVIIIème siècles, puis repris au XIXème siècle par les caricaturistes, notamment pour se moquer des souverains, avant d’être redécouvert par le mouvement surréaliste, adepte du « jeu de mots visuel ».

 

Portrait de Rodolphe II déguisé en Vertumne

Mais Arcimboldo n’est pas seulement engagé à la cour comme peintre : il est aussi chargé d’alimenter les célèbres cabinets d’art et de curiosité des empereurs Maximilien II et Rodolphe II. Doué d’un esprit inventif et ingénieux, il se voit confier l’organisation des fêtes princières, dont il dessine les costumes et les chars. Il invente aussi une méthode colorimétrique de transcription musicale. En 1587, il obtient de l’Empereur l’autorisation de retourner finir ses jours en Italie, sous la promesse de continuer à peindre. Flora sera un de ses derniers tableaux.

 

Flora

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