« Picture Study » : Sandro Botticelli

Sandro Botticelli (1445 – 1510) est un parfait artiste de la Renaissance. Il a su interpréter les thèmes chers aux humanistes de Florence, et créer un style propre : des lignes précises et élégantes qui structurent ses tableaux, des personnages fins à la beauté idéalisée, une structure tout en mouvements et ondulations… Tout cela rend ses tableaux immédiatement reconnaissables !

Alessandro di Vanni Filipepi, qui sera plus tard surnommé Sandro Botticelli, est né à Florence dans une famille modeste. A 19 ans, il entre en apprentissage dans l’atelier du peintre Filippo Lippi, pour lequel il travaille les fresques de la cathédrale de Prato. Ses premières œuvres personnelles reflètent fortement l’influence de son maître, et il gardera toute sa vie cette façon de peindre des visages élégants et fins :

 

La Vierge à l’enfant avec un ange

Il travaille ensuite dans l’atelier de plusieurs peintres célèbres, et s’inspire de leur travail pour affiner son propre style. Il essaie notamment de concevoir ses tableaux comme des fenêtres, avec un travail sur la perspective, des fonds qui encadrent ses personnages placés de façon réfléchie et construite.

Il compose ainsi ses tableaux en plans successifs, avec un jeu de lignes qui soulignent ses personnages. En parallèle, son travail dans les ateliers de graveurs et d’orfèvres (il partage ainsi son atelier avec son frère Antonio, qui est orfèvre) influencent grandement la ligne de ses dessins, ce qui le rendra célèbre !

 

La Vierge à l’enfant avec deux anges

En 1470, à 25 ans, il crée son propre atelier, et collabore avec Filippino Lippi, fils de son maître Filippo Lippi. Protégé par la famille Médicis, les mécènes de Florence, il reçoit de nombreuses commandes, comme son célèbre « Saint Sébastien ». Dans ce tableau, il montre que la peinture n’est pas pour lui seulement décorative, mais qu’elle peut être le reflet d’une véritable réflexion philosophique (Botticelli est proche de l’académie néo-platonicienne). Ce qu’il veut dire, c’est que l’homme a une place privilégiée dans le monde, car grâce à la raison, il peut toucher au divin, mais peut aussi se replier au niveau le plus bas de sa condition s’il se laisse guider seulement par ses instincts matériels.

 

Saint Sébastien

A partir de 1970, Botticelli a pleinement trouvé son style propre, et sa peinture s’enrichit des thèmes humanistes qui fleurissent à Florence. Il se tourne par exemple vers des thèmes issus de la mythologie. C’est le début de ma période de ses grands chefs d’œuvre !

 

Le Printemps

Dans « La naissance de Vénus », la composition est extrêmement équilibrée et symétrique, le dessin est basé sur des lignes marquées très élégantes qui créent des jeux décoratifs sinueux et gracieux : dans ses tableaux, tout est en mouvement ! La couleur claire et nette, issue d’une technique particulière qui imite la fresque, imprègne les personnages de lumière, faisant ressortir la pureté pénétrante de la beauté. La spatialité du fond est plate, bloquant les personnages dans une suspension magique. Tous ces éléments créent le « style Botticelli » qui l’a rendu si célèbre…

 

La Naissance de Vénus

Pourtant, à partir de 1480, sensible aux prédications du moine Savonarole qui dénonce les excès de Florence, et condamne la fascination pour les thèmes antiques et la philosophie, Botticelli abandonne les caractéristiques de son style et se tourne vers des œuvres plus mystiques. Le 7 février 1497, Savonarole élève le Bûcher des Vanités, et Botticelli vient de lui-même y brûler nombre de ses tableaux… Sa renommée ne fera alors que décliner.

 

La nativité mystique

Pour aller plus loin :

Revue Dada - Botticelli
On connaît bien sa Vénus, debout sur son coquillage. Reproduite partout, elle est l’une des œuvres les plus célèbres de l’histoire de l’art, plus connue que l’artiste lui-même ! Sandro Botticelli (1445-1510) est pourtant le plus grand peintre des débuts de la Renaissance. Son style tout en finesse incarne à la perfection cette époque.
Botticelli - Actes Sud
Ce parcours insolite est ici retracé à partir des nombreuses sources d’archives qui, seules, permettent de resituer l’origine de l’artiste, sa formation au côté de Filippo Lippi et l’importance de sa famille auprès de laquelle il passa toute sa vie, ainsi que le rôle déterminant des institutions politiques et des ateliers – ces derniers étaient encore au Quattrocento tout à la fois des lieux de production, de formation, de vente (quand ce n’est pas le domicile des apprentis). Aucun ouvrage, depuis celui de H. P. Horne, en 1908, n’était reparti de l’étude systématique des sources d’archives et n’avait renouvelé comme ici l’approche historique de l’œuvre du maître.

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *