« Picture Study » : Léonard de Vinci

Toute sa vie, Léonard de Vinci a essayé de trouver des réponses : en observant, en lisant, en faisant des expériences. Il est ainsi devenu chimiste, ingénieur, biologiste, médecin, sculpteur, peintre, musicien et poète !

Léonard de Vinci est né dans un château situé dans la campagne près de Florence. Enfant, il aimait observer les animaux et les plantes. Il apprenait vite et posait des questions auxquelles les adultes ne savaient pas répondre.

Tout ce que Léonard voyait et pensait, il le notait et en faisait des croquis. Il a ainsi eu l’idée de l’avion, ou du char de combat. Malheureusement, la plupart de ses projets sont restés à l’état de dessins, parce qu’il manquait de temps ou d’argent pour les réaliser, ou encore parce qu’il les abandonnait. Savoir que quelque chose pouvait se faire était plus important à ses yeux que de le réaliser.

Léonard était peintre aussi. Et encore une fois, il ne se contente pas de reproduire le schéma type des peintures qui circulaient à Florence. Car lui, ce qu’il veut montrer, ce sont de vraies expressions et un mouvement des corps aussi réel que possible. Grâce à la peinture à l’huile, Léonard entend bien rivaliser avec les peintres flamands de l’époque, et modèle les chairs potelées du bébé et le beau visage calme de la mère sans une même lumière : c’est la Madone à l’œillet.

Petit-à-petit, il réussit à insuffler la vie dans les visages eux-mêmes : ainsi, la Madone Benoite est pleine de vivacité, de joie de vivre, et son visage tout entier s’anime quand elle rit des facéties de son enfant… Sous les pinceaux de Léonard, Marie est devenue une jeune maman toute joyeuse. Vinci change la manière de voir, la manière de peindre !

« Que la direction de la tête ne soit pas la même que celle de la poitrine, car la nature a créé le cou, qui tourne aisément dans plusieurs directions lorsque l’œil eut considérer divers endroits ». Eh oui, entre la tête et le corps, il y a le cou ! C’est une des particularités des portraits de Léonard : à l’époque, on peignait les portraits soit de profil, soit de face. Mais une fois de plus, Vinci, en cherchant à pénétrer les « mouvements de l’âme », va changer les règles, et inverse le mouvement de la tête. Avant lui, aucun artiste n’avait montré une telle invention dans le choix des poses, en tournant les visages vers une source de lumière qui les éclaire, mais que l’on ne voit pas…

La Dame à l’Hermine

Vinci met au point une technique bien à lui, le sfumato, terme dérivé de l’italien fumo qui signifie fumée. Cette technique consiste à superposer une multitude de couches très légères de peinture à l’huile. Ces couches, qu’on appelle des glacis, permettent de modeler les formes – « sans lignes ni contours, à la façon de la fumée », disait Vinci – tout en obtenant des dégradés dans lesquels se mêlent l’ombre et la lumière. Cela crée des arrière-plans très mystérieux, et introduit la profondeur dans ses peintures.

 « Pour un portrait, peins-le par temps gris au crépuscule ; observe dans la rue à la tombée du soir les visages des hommes et des femmes, quelle grâce et quelle douceur ils révèlent. » En 1516, Léonard de Vinci fait un dernier voyage : en France, où François Ier, séduit par son génie, l’installe au château du Clos-Lucé, avec le titre de « premier peintre du roi de France ». Dans ses bagages, un tableau inachevé, Sainte Anne, la vierge et l’enfant. On y voit la vierge, assise sur les genoux de sa mère ; à leurs pieds, Jésus s’amuse avec un mouton. Elles sont belles et jouent tendrement, comme deux simples femmes pourraient le faire… Pour mieux montrer l’amour d’Anne pour Marie, de Marie pour son fils, le peintre a marié leurs corps, unis dans un même mouvement. C’est la dernière fois que l’un des fameux paysages surnaturels de Léonard de Vinci s’étire dans le lointain, dans le vertige de l’infini…

Peu des tableaux de Léonard de Vinci sont parvenus jusqu’à nous. Pour d’autres, il est difficile de dire si ce sont des originaux ou des copies de très bonne facture. Pour les authentifier, les spécialistes recherchent tous les croquis préparatoires dans les carnets de Léonard, recherchent les copies que ses élèves ou d’autres peintres ont fait de ses tableaux, et recoupent toutes ces informations. C’est le cas pour Léda et le cygne, dont il existe plusieurs copies très proches (dont une avec seulement un œuf et deux enfants)…

Léonard de Vinci est avant tout un perfectionniste. Pour rendre la grâce d’un geste, il doit avoir compris comment le bras peut bouger. C’est ainsi que pour devenir meilleur peintre, il va se passionner pour l’anatomie. Pour comprendre la fonction des organes, il dissèque des cadavres dans des hôpitaux, étudie chaque partie du squelette, se passionne pour la circulation du sang, ce qui était formellement interdit par l’église à ce moment. Ses carnets de notes se couvrent de dessins sur le corps. Quand il ne peut pas vérifier par lui-même, il imagine…

Fasciné par la grande beauté comme par la vraie laideur, Léonard est convaincu qu’il existe un lien étroit entre le physique des gens et leur caractère profond.

Le chef d’œuvre de Léonard de Vinci, c’est la Joconde. Commandé par le sieur Giocondo, ce portrait de sa femme, tout en finesse (on devine les broderies du corsage, réservées aux femmes enceintes) et en couleurs (les couleurs se sont assombries avec les années, mais au début, on sait que le tableau comportait du bleu, du jaune, du rouge vifs notamment) a été refusé par le commanditaire, sous prétexte que Mona Lisa y arborait un sourire incorrect ! Léonard emporta donc son tableau en France, et refusa de le vendre à François Ier qui le trouvait merveilleux. Pourtant, ce dernier en hérita à la mort du peintre…

En parallèle de l’étude des œuvres de Léonard de Vinci, il y a beaucoup de livres disponibles. Par exemple : « Léonard de Vinci » de Guido Visconti. Pas facile à trouver d’occasion, mais si vous avez de la chance, dans les rayons de votre bibliothèque de quartier !

La véritable histoire de Sandro, apprenti de Léonard de Vinci
Les machines de Léonard de Vinci
Une étude inédite des inventions de Léonard de Vinci à travers une iconographie riche et abondante. Cet ouvrage hors du commun réunit les schémas et notes de Léonard de Vinci et leurs représentations en images de synthèse !
Léonard de Vinci, de Guido Visconti
Giacomo, l'enfant de dix ans que Léonard de Vinci a pris à son service, découvre que son maître sait peindre, inventer des machines, mais aussi faire des farces, ou organiser des fêtes. Pour tout le monde, c'est un génie. Même encore aujourd'hui, 500 ans plus tard ! Cette histoire retrace, à travers les yeux de Giacomo, la vie de Léonard de Vinci.
Le sourire de ma mère
1518. Caterina, quinze ans, s'exprime difficilement. On la pense simple d'esprit. Elle est servante au château de Cloux, que le jeune François Ier a mis à la disposition de Léonard de Vinci. Dans la chambre du maître, la jeune fille raconte ses journées à mi-voix au portrait d'une dame au sourire énigmatique.

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