Les protocoles hospitaliers (8/16) : l’injection d’ocytocine de synthèse

Raisons

  • Accélérer le travail quand la progression ne satisfait pas l’équipe en cours, selon la courbe de Friedman
  • Ou tout simplement accélérer le travail parce que l’équipe hospitalière a trop de femmes en travail en même temps…
  • En France, le produit utilisé le plus souvent est le Syntocinon

Physiologiquement parlant

  • L’ocytocine de synthèse induit des contractions très fortes tout de suite, sans que la mère puisse s’y habituer. La douleur est donc très forte et intense elle aussi, parfois sans pause entre les contractions.
  • Le Syntocinon réduit aussi la quantité de prostaglandine, hormone qui augmente durant tout le travail pour en stimuler la progression. C’est un cercle vicieux : le travail ralentit, et on doit injecter plus de Syntocinon pour relancer les contractions. Le travail est donc de plus en plus douloureux (pour la mère comme pour le bébé) et nécessite souvent la pose d’une analgésie, qui entraîne aussi souvent une détresse fœtale, et besoin d’une césarienne d’urgence… Ce phénomène est connu à l’hôpital sous le terme « interventions en cascade » : une intervention inutile, de « confort » pour l’équipe, conduit à des interventions nécessaires plus risquées et lourdes…
  • Le taux d’injection d’ocytocine de synthèse est directement et proportionnellement lié à l’hémorragie de la délivrance
  • Le Syntocinon est lié à une augmentation des jaunisses chez le nouveau-né
  • Le Syntocinon empêche la production de véritable ocytocine corporelle. Il n’engendre ni réaction d’attachement, ni amour, parce que le cerveau ne dispose pas de récepteurs adaptés. Le couple mère / bébé aura donc d’autant plus de mal à se former, surtout si l’accouchement en passe par les interventions en cascade, qui nécessitent ensuite souvent une séparation de la mère et du bébé…

A la maison

  • Si la mère n’est pas apeurée ou stressée par la présence d’étrangers parfois nombreux, par l’attitude de l’équipe présente, par les gestes posés sur elle inutilement, par les menaces parfois entendues, les directives qui ne prennent pas sa personne en compte, ou par sa simple présence dans un lieu étranger, son travail sera souvent continu. Il n’y a donc aucune raison pour accélérer le travail
  • Dans le cas où le travail s’arrêterait pour un temps, il n’y a pas lieu de s’affoler. Les pauses pendant le travail sont normales et non dangereuses. Elles permettent juste à la mère de reprendre des forces avant de continuer ce travail éprouvant. Si la pause dure relativement longtemps et que la future maman a eu le temps de se reposer, on peut aussi relancer le travail actif en marchant, bougeant, changeant de position, utiliser la stimulation des mamelons, de longs baisers langoureux…
Les baisers passionnés, la stimulation des mamelons (orale aussi bien que manuelle), les massages périnéaux, la stimulation clitoridienne et le coït dans la phase précoce du travail, pourvoyeur de fluide séminal riche en relaxine (l'hormone responsable "de l'extraordinaire séparation" des os pubiens et de l'assouplissement du col) sont les moyens de parvenir au terme désiré. Les baisers tendres et chaleureux sont particulièrement efficaces pour relaxer la mère et permettre à son corps d'enfanter.
Moran
Etude sur l'accouchement

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