« Picture Study » : le Douanier Henri Rousseau

Surnommé « douanier » en raison de son métier, Henri Rousseau fut un peintre autodidacte, souvent considéré comme naïf et moqué par ses contemporains, mais admiré par les avant-gardistes du XXème siècle. Son œuvre très ambitieuse, qui comprend des œuvres historiques, des portraits, des paysages, des allégories, est peuplée de visions exotiques et oniriques dont la poésie a séduit de nombreuses personnalités comme Pablo Picasso et André Breton.

Rousseau est un esprit mystique, convaincu que des forces occultes l’assistent dans son désir de devenir artiste. Pourtant, malgré ses efforts et ses études en autodidacte des maîtres du Louvre, ses envois jugés maladroits (paysages, portraits, scènes de genre…) sont rejetés par le jury du Salon officiel.

Grâce à la création, en 1884, du Salon des Indépendants (notamment par Georges Seurat et Paul Signac), salon sans jury ni récompense, Henri Rousseau trouve le lieu où exposer ses œuvres. Celles-ci étonnent le public et les artistes.

On le traite d’amateur. Lui pourtant pense à Paul Cézanne, Paul Gauguin, Vincent van Gogh… et se considère comme un novateur. Alfred Jarry le surnomme alors « le douanier » en raison de son métier. Malgré les quolibets, Rousseau reste un fidèle des Indépendants.

Son style naïf n’est pas fortuit. Le peintre fait appel à l’imagerie populaire, mais il nourrit aussi une grande admiration pour la précision des artistes académiques comme Jean-Léon Gérôme ou Jean-Auguste-Dominique Ingres. Mais, à leur différence, Rousseau n’a pas recours aux lois de la perspective occidentale. Par cette manière jugée primitive, il exalte le mythe de l’innocence à une époque où d’autres artistes, tels Gauguin, cherchent un retour à la pureté des origines.

En 1891, Rousseau débute le thème des jungles, qui occupera une place importante dans son œuvre. Trois ans plus tard, devenu veuf et retraité, Rousseau entreprend de se consacrer uniquement à la peinture, même si sa situation financière est précaire. De plus en plus d’artistes s’intéressent à ce personnage hors normes, volontiers mythomane et original : Félix Vallotton, André Derain, Henri Matisse, Robert Delaunay, Picasso… Ce dernier organisera même en son honneur un mythique banquet au Bateau-Lavoir en 1908.

Rousseau vit essentiellement de leçons de dessin qu’il donne au sein d’une association. Jusqu’à une malheureuse mésaventure qui le conduit en 1907 en prison (pour avoir baigné dans une affaire d’escroquerie). À force d’exposer, cependant, il parvient à séduire le marchand Wilhelm Uhde, et surtout Guillaume Apollinaire, poète et critique du cubisme, qui devient l’un de ses plus fervents soutiens.

Henri Rousseau décède en 1910 des suites d’une gangrène à la jambe. Sans argent, peu entouré, il est enterré dans une fosse commune. Ce n’est que bien plus tard, en 1947, que ses restes sont transférés dans sa ville natale grâce à l’aide de quelques amis artistes, tels Robert Delaunay.

Malgré les moqueries qu’il a subies de son vivant, le Douanier Rousseau est à présent véritablement reconnu… Pour preuve : les nombreux livres, y compris pour enfants, qui parlent de lui. A la maison, nous utilisons : 

Charlotte et le Douanier Rousseau
Il a peint des jungles luxuriantes, des charmeuses de serpents sous la lune, mais n'est presque jamais sorti de Paris. C'est en son hommage qu'un courant de peinture a été qualifié de « naïf ». Alors qui mieux qu'un enfant pouvait nous faire approcher le Douanier Rousseau ? Sa petite voisine Charlotte sonne à sa porte, et le voici qui vient ouvrir...
Dans l'univers du Douanier Rousseau
Cet ouvrage consacré au Douanier Rousseau propose la découverte de l'homme, de l'artiste et de son œuvre à travers son univers intime et artistique, ainsi que son environnement culturel.
Un dimanche avec le Douanier Rousseau
Les chemins de l'imaginaire
Jamais un peintre qui s'est formé seul, sans aucune aide extérieure, n'avait fait preuve d'un tel talent. Ses lectures, ses visites au Jardin des Plantes et à l'Exposition universelle lui ont fait rêver des paysages imaginaires d'une beauté éblouissante. Souvent moqué pour sa naïveté et les déformations qu'il faisait subir à ses sujets, Rousseau avait pourtant un style d'une grande modernité. Cet ouvrage nous raconte l'histoire miraculeuse de ce modeste douanier devenu l'un des grands artistes de son temps.

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *