8ème naissance, à la maison sans assistance

8ème naissance…

Mercredi 9 mars : journée chargée… Jean-Baptiste descend sur Argentat pour faire les courses, et à 13 heures, tout le monde en voiture : nous emmenons Mélie à Tulle pour un RDV chez l’ophtalmo. Voiture, voiture, plus du temps passé debout à porter Mélie avec un ventre d’hippopotame, à lui courir après dans les couloirs de l’hôpital car elle n’a pas la moindre envie de rester patienter en salle d’attente : la route du retour est difficile, avec des contractions qui deviennent douloureuses car, dans la voiture, je ne peux pas me mettre dans une position confortable. Rien que pour ça, je me dis qu’aller accoucher à l’hôpital, je n’en aurais pas la moindre envie !!

17 heures, nous sommes de retour à la maison. Le groupe de chant se réunit une heure plus tard, mais là, je n’ai plus trop envie de bouger, alors Jean-Baptiste prévient tout le monde que nous restons à la maison, et moi je vais prendre un bain avec un livre. Au bout d’un moment, Mélie me rejoint, c’est un peu plus agité, mais l’eau chaude est toujours aussi agréable et a arrêté les contractions : je me sens vraiment mieux lorsque je sors !

21h30 : tous les enfants dorment, alors après cette journée fatigante, Jean-Baptiste et moi allons nous coucher directement…

22h15 : je me réveille en ayant l’impression de faire pipi, mais je me rends compte que c’est tout simplement que je perds les eaux. Je saute hors du lit pour ne pas inonder la literie. Cette fois-ci, ce n’est pas comme d’habitude une trombe d’eau qui s’écoule d’un seul coup, mais un petit filet qui coule sans discontinuer. C’est assez comique d’ailleurs, parce que je ne peux pas bouger, sinon je vais mettre de l’eau partout ! Lorsque je me penche en avant, l’eau s’arrête, alors j’essaie de bouger pour ne plus avoir les pieds dans l’eau, mais cela me fait glisser, et de toutes façons, l’eau s’écoule dès que je me redresse un tant soit peu. Debout, les jambes écartées au-dessus de ma flaque d’eau, je me sens un peu ridicule ! Jean-Baptiste amène une bassine, au moins je peux descendre me rendre aux toilettes laisser le flot s’écouler pendant qu’il éponge le sol de la chambre. Puis je remonte me coucher à ses côtés, mais 10 minutes plus tard, rebelotte : le flot recommence à couler : a priori, ce n’était pas encore fini ! Puis je me blottis enfin de nouveau au chaud sous la couette. Je n’arrive pas à me rendormir, mais je sens tout mon corps détendu, c’est agréable…

23 heures : je commence à sentir des contractions, plus basses que les jours précédents. Régulièrement, je sens mon ventre se tendre, mais, allongée sur le côté, ce n’est absolument pas désagréable, alors je reste couchée à profiter du repos ! A un moment, je tente de calculer combien de temps se passe entre deux contractions, et combien de temps dure une contraction, mais je n’y arrive pas car mes pensées volent vers d’autres sujets, et puis, après tout, qu’est-ce qu’on s’en fiche ! Les choses suivent leur cours, alors pourquoi se poser des questions ?

23h30 : les contractions continuent à leur rythme, mais elles deviennent douloureuses en position couchée, alors je me lève et je descends pour marcher, pour bouger le bassin. Là, plus aucune douleur, rien que mon ventre qui se serre de plus en plus fort. Comme pour chaque accouchement, je passe aussi du temps sur les toilettes : la position assise est agréable, et elle me permet de soulager mes jambes. Comme Jean-Baptiste a fait un feu en rentrant de Tulle, la maison est chaude, c’est agréable, car dehors, les températures ne sont pas hautes !

Minuit : ça y est, nous sommes le jeudi 10 mars

! Entre deux contractions, je marche toujours à travers la maison, admirant la nuit claire, écoutant les respirations de Jean-Baptiste et des enfants qui dorment tranquillement… C’est très apaisant ! 

Mais lorsqu’une contraction arrive, j’ai maintenant besoin de me mettre plus ou moins assise, le dos rejeté en arrière :

 sur la panière de la salle de bain, c’est parfait ! J’en profite pour faire une dernière photo de mon gros ventre, qui se reflète dans le miroir de la salle de bain lorsque je suis assise. Nous allons bientôt faire connaissance avec notre bébé ! Bébé qui continue à bien bouger, d’ailleurs, pendant tout le travail !

Minuit et demi : les contractions descendent encore plus, et deviennent plus intenses. Les vivre assise, ce n’est plus du tout agréable, alors je vais dans la baignoire, où je reste debout à osciller d’une jambe sur l’autre, tout en faisant couler de l’eau bien chaude sur le bas de mon ventre. Comme ça, tout va bien, les sensations sont très fortes, mais restent agréables. Pour voir où bébé en est de son voyage, je mets ma main : je touche une bosse arrondie qui appuie sur le col de l’utérus, c’est la tête de bébé ! Mais le col n’est toujours pas ouvert, les contractions doivent encore pousser bébé pour l’ouvrir…

A minuit 45, je sens que les contractions s’intensifient encore, et que le col est ouvert : cette fois, c’est la tête elle-même que je touche, avec les petits cheveux ! Là, j’ai un moment d’appréhension : je sais qu’à partir du moment où la tête du bébé se sera engagée dans le vagin, ce que je ressentirai deviendra tellement intense que je serai dépassée par mes sensations… Alors même si je commence à ressentir le besoin de pousser, je retarde le moment, et j’appelle Jean-Baptiste, qui était encore endormi : maintenant, j’ai besoin de lui ! Lorsqu’il arrive, je me penche en avant et m’appuie sur lui : ouf, mes jambes commençaient à flageoler, c’est exactement la position dont j’avais besoin pour gérer la suite des événements. J’ai encore un moment où je me retiens de pousser, comme si cela pouvait m’éviter de passer par ces moments si forts. Mais il faudra bien en passer par là ! Alors je repose mes doigts sur la petite tête de mon bébé, et lorsque je sens la contraction suivante m’envahir, je me laisse aller à toutes mes sensations et à ce que me dicte mon corps : pousser ! Aider bébé dans son voyage à travers moi !

Je sens la tête qui descend, qui progresse doucement, et effectivement, je sens toute cette puissance qui me dépasse. Entre deux poussées, je sens la petite oreille de mon bébé, que je caresse de deux doigts… ça me donne plus de force pour continuer ! Puis la tête arrive et c’est sur le périnée que je pose ma main pour soutenir son passage : elle sort ! Mais j’ai l’impression qu’elle sort moins complètement que pour mes autres accouchements, et c’est inconfortable. Alors je pousse en nous encourageant, bébé et moi : allez ! Il faut descendre encore !

Ouf, la tête est entièrement passée, je la caresse, je reprends mon souffle, j’ai l’impression d’être vidée de toute énergie, que cela ne sera pas suffisant pour aider bébé à sortir complètement… Mais Jean-Baptiste est là, je m’appuie encore sur lui, et lorsque la vague suivante me submerge, je pousse encore, et je sens le corps de mon bébé qui passe à travers moi : je le sens passer dans ma main, et son papa l’attrape… et là, tout est tellement merveilleux : ces sensations si fortes qui me submergeaient et dans lesquelles j’avais l’impression de me perdre se fondent en une joie tout aussi intense… mon bébé est là, contre moi, dans mes bras, et il est tellement beau et chaud et pourpre et doux et si délicieusement potelé ! J’ai l’impression de rire et de pleurer en même temps tellement je suis heureuse…

Pendant que Naïa et Mélie dorment toujours, Nolah, Souleil et Loon arrivent et découvrent notre bébé, qui a déjà les yeux bien ouverts et râle comme si on l’avait bien dérangé, avec toutes nos histoires ! Avec eux, nous découvrons que c’est un petit garçon : la parité est rétablie 😊

Je fais couler de l’eau bien chaude pour ne pas me refroidir ; pendant tout ce moment d’effort, j’avais l’impression de cuire tellement j’avais chaud ! Mais maintenant, ce n’est plus le cas… Au bout de 20 minutes, je sens les contractions qui reprennent, alors Jean-Baptiste m’aide à me mettre à genoux, et je pousse pour faire sortir le placenta. C’est la partie que je trouve pénible : mon bébé dans les bras, je ne trouve plus de motivation pour faire des efforts ! Mais il suffit d’une toute petite poussée pour être délivrée… Je l’examine : il est entier, pas de souci.

Encore 10 petites minutes, et notre bébé se met à téter, bien vigoureusement… Le cordon n’est pas très long, nous attendons donc qu’il devienne blanc, et Jean-Baptiste le coupe avec les ciseaux qu’il vient de faire bouillir dans le vinaigre blanc. Pendant que je profite encore un peu de l’eau chaude, il s’occupe aussi de préparer le lit, de renvoyer les enfants se coucher… Il prend ensuite son dernier né dans les bras pendant que je sors de la baignoire et que je me sèche, et hop : tout le monde sous la couette ! Je sers mon bébé nu contre ma peau, cela me comble tellement ! Et il s’endort au sein, si serein… Cette fin de nuit, je n’arriverai pas à dormir, mais elle passera comme un rêve !

Au matin, Mélie se réveille et vient avec nous dans le lit : elle voit son petit frère et fait d’immenses sourires de ravissement ! Elle veut le toucher, le caresser… C’est un peu brusque, mais ses gestes sont empreints de douceur… Elle babille, penchée sur lui, comme pour lui parler : elle l’a déjà adopté ! Naïa nous rejoint peu après, et elle se blottit dans mon dos en commençant à discuter : elle n’a pas encore vu son petit frère ! Au bout d’un moment, nous l’incitons à se relever et elle le découvre enfin ! Ça y est, tout le monde connaît bébé !

Il est temps, d’ailleurs, de lui trouver un prénom… Puisque tout le monde est réveillé et autour de nous, Jean-Baptiste cite tous les prénoms qui nous plaisent depuis plusieurs années. Plusieurs sont vite élimés car ils ne vont pas du tout à notre bébé ! Il en reste deux, mais assez rapidement, nous nous mettons d’accord sur celui qui lui va comme un gant : Não… Pour un bébé qui arrive en même temps que toutes les fleurs qui éclosent en ce tout début de printemps, « Fleur de pêcher », c’est plutôt de circonstance, non ?

Et le quotidien s’installe avec un nouveau bébé. Deux jours heure pour heure après la naissance de Não, j’ai ma montée de lait : il a très bien tété jusque-là, vigoureusement, et très longtemps d’affilée ! Je réussis déjà à « attraper » ses pipis : commencer si tôt l’hygiène naturelle, c’est vraiment facile… Le jour suivant, le cordon tombe, parfaitement séché par l’argile que j’applique depuis sa naissance. Et il passe de bons moments à dormir. Il a aussi de longs moments éveillé, durant lesquels il semble observer et écouter attentivement tout ce qui se passe autour de lui : le piano, les voix de ses frères et sœurs, celle de son papa… Il a un regard à la fois tellement sérieux et tellement serein ! Bienvenue, Não…

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1 réponse

  1. dametartine dit :

    Merveilleuse Camélicot !
    Je vous suis depuis de nombreuses années …. votre famille est belle à l’image de votre couple !

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