La Nature des mots inspirée par la pédagogie Montessori

Avouons-le, la grammaire, ça n’est pas particulièrement passionnant, du moins de la façon dont elle est en général enseignée.
Alors si on peut la rendre un peu plus attrayante en y mettant un peu de couleur (et un outil : le normographe, que les enfants adorent !), ce n’est pas plus mal. Puisque l’essentiel est que les enfants comprennent le fonctionnement de la langue, au début je ne m’embarrasse pas de la terminologie, mais je me contente de leur demande de reproduire les signes de couleurs que j’ai adaptés de la pédagogie Montessori. Ensuite, un peu plus grands, ils retiennent plus facilement le nom des différentes natures de mots. 

Le Verbe

La première nature de mots que je propose, c’est le verbe, ca c’est celle qui est la plus facile à appréhender pour l’enfant. Je lui donne une balle de bois rouge (tirée d’un jeu de quille chez nous, mais n’importe quelle balle ROUGE fera l’affaire). Je la pose sur un plateau tenu par l’enfant, et je lui demande de marcher dans la pièce, et de décrire en même temps ce qui se passe sur le plateau. Il me dit donc quelque chose du genre « La balle bouge, elle roule, elle cogne conte les rebords, elle tombe… ». 

J’écris ensuite ce qu’il m’a dit sur un papier (j’utilise des rouleaux de machine à calculer, trouvés pour rien du tout dans une ressourcerie), en prenant soin d’écrire le verbe au présent (au passé composé par exemple, le verbe contient 2 mos, ce qui est plus difficile à analyser ensuite pour votre enfant). Puis je dis : « Tu vois, ce que la balle fait, c’est un verbe. On le trouve en posant la question : que fait-on ? Il est représenté par une balle rouge. » Et je dessine un rond rouge au-dessus de chaque verbe. Je propose ensuite d’autres phrases à l’enfant, qui dessine à son tour le rond rouge, après avoir posé la question « Que fait-on ?« 

Le Nom

Ensuite, on passe au nom ; il répond à la question « De qui ou de quoi parle-t-on ?« 

Il est symbolisé par un grand triangle noir

Il faut donner de nombreuses phrases à analyser à l’enfant pour qu’il intègre cette nouvelle nature de mot. Ensuite seulement, on passe à la suivante. 

L'Article

Après avoi demandé à votre enfant d’analyser une phase contenant de nombreux noms (attention à n’utiliser que des articles comme déterminants, sinon il risque d’être perdu), vous lui demanderez : « Y a-t-il un mot qui nous dit qu’il y a un ou plusieurs oiseaux (premier nom de la phrase) ? » Tu vois, ce petit mot, c’est un article. Il nous dit s’il y a un ou plusieurs oiseaux. Comme il est lié au nom « oiseau », je le représente par un triangle lui aussi. Mais comme il est quand même moins important que l’oiseau, je le dessine tout petit, et moins foncé, en bleu ! ».

Il est représenté par un petit triangle bleu foncé

Avec de la pratique, il pourra en faire la liste : le, la, les (articles définis) ; un, une, des (articles indéfinis).

L'Adjectif qualificatif

On trouve l’adjectif qualificatif en demandant : « Quel est le mot qui nous dit comment est ce dont on parle ? « 

Comme il a trait au nom, on le représente aussi par un triangle moyen bleu clair.

L'Interjection

C’est une nature de mots facile à faire comprendre, et assez drôle à faire découvrir, que je propose donc assez vite, car les enfants l’adorent (d’ailleurs parfois, ils rajoutent d’eux-mêmes une interjection dans les phases que je leur propose !).

Monter une petite scénette : aller jusqu’à une porte, regarder par le trou de la serrure, vous redresser et montrer l’étonnement : « Oh ! »… Regarder à nouveau,  vous redresser et mimer la peur : « Ah ! ». Regarder à nouveau, et montrer toutes les émotions que vous pourrez, en ajoutant à chaque fois une interjection. 

Puis expliquer à votre enfant que tous les petits mots qui servent ainsi à décrire une émotion sont des interjections. On les représente par le trou de la serrure, en marron

La Préposition

Pour cette présentation, il vous faut un peu de matériel. J’utilise les figurines d’animaux des enfants. Après avoir placé à côté de l’enfant la boîte qui les contient, j’écris des phrases sur des bandes de papier, que je lui donne au fur et à mesure en lui demandant de faire ce qui y  est écrit. Ensuite, il analyse la phrase en dessine tous les symboles qu’il connaît (attention à n’écrire que des mots qu’il connaît à part les prépositions).

 Pour chaque phrase, il y aura un mot qu’il ne sait pas analyser ; lui dire de le mettre à part pour le moment :

  • Place la vache sur la table.
  • Pose le cheval à côté de la vache.
  • Mets le veau devant la vache.
  • Place la poule sur la vache.
  • Aligne les cochons derrière le cheval. 
  • Pose le bouc, et après la chèvre.
  • Retire la vache avant les cochons.
  • etc. 

Tous les mots qu’il ne connaît pas, ce sont des prépositions : elles nous permettent de connaître la position (y compris dans le temps) de ce dont on parle. On les représente par une lune verte couchée.

L'Adjectif déterminatif

Dans une phrase, demander à l’enfant « Quel est le mot qui nous dit s’il y a un ou plusieurs chat ? Quel est le mot qui nous dit s’il y a un ou plusieurs coussins ? » Votre enfant saura désigner les mots en question (ici « mon » et « ce »). Mais il voit bien que ce ne sont pas des articles. 

Vous pourrez lui expliquer que parfois, les petits mots qui nous disent s’il y a un ou plusieurs [noms] nous donnent aussi d’autres informations : 

  • « mon » nous indique à qui appartient le chat
  • « ce » nous montre de quel coussin on parle.

Ces petits mots nous disent à la fois

  • s’il y  en a un ou plusieurs : on les représente donc par un petit triangle, comme les articles
  • comment est ce dont on parle : on leur donne donc le bleu clair des adjectifs qualificatifs.

Ce sont des adjectifs déterminatifs (par la suite, les faire catégoriser : possessifs, démonstratifs, etc.).

La Conjonction

Proposer plusieurs phrases qui permettent de mettre en évidence le rôle des conjonctions (organiser ce dont on parle), grâce à la manipulation des figurines d’animaux : 

  • Pose la vache et le cheval.
  • Avance la vache ou le cheval.
  • Sors les cochons mais pas le brun.
  • Sors les poussins et la poule.
  • Recule la poule mais pas les poussins.
  • Ne range ni les poussins ni la poule.
  • La vache avance et saute.
  • Le cheval n’avance ni ne recule.
  • Le coq sautille à droite ou à gauche.
  • Le mouton se couche mais ne dort pas.
  • etc.

Ces conjonctions lient des éléments de la phrase entre eux : ils créent un pont, donc on les représentent par un rectangle rose (c’est bien du rose sur la photo, malgré un couleur bizarre !). 

Le Verbe d'état

Après avoir donné une phrase contenant un verbe d’état à votre enfant, il s’apercevra qu’il n’y a pas d’action : dans cette phrase, on en fait rien. Pourtant, il y a bien un verbe, mais celui-ci nous permet de savoir comment est ce dont on parle. C’est donc un verbe d’état. Au rond rouge du verbe, on ajoute l’accent du é de état

L'Adverbe

On reprend la technique des petits papiers que votre enfant doit lire et exécuter (en général, ils aiment beaucoup !). Ensuite, il doit analyser la nature des mots de la phrase : 

  • Marche dans la pièce.
  • Marche lentement dans la pièce.
  • Marche rapidement dans la pièce. 
  • Marche silencieusement dans la pièce.
  • Marche gaiement dans la pièce.
  • Marche majestueusement dans la pièce.

Lui faire remarquer qu’à chaque fois, il a marché. Pourtant, sa démarche était différente à chaque fois. Lui demander pourquoi : c’est à cause du mot qui accompagne le verbe. Ce mot, il modifie l’action du verbe, c’st un adverbe. Comme il touche au verbe, on le représente lui aussi par un rond, mais orange

Par la suite, lui montrer qu’un adverbe modifie aussi :

  • les adjectifs (« un oiseau très grand »)
  • les adverbes (« un oiseau vraiment très grand »).

Le Pronom

Demander à votre enfant de faire ce qui est écrit sur le papier que vous lui proposez, dont il doit ensuite dessine les natures de mots qu’il connaît : « Prends ta trousse, ouvre ta trousse, vide ta trousse, secoue ta trousse, emplis ta trousse, ferme ta trousse, repose ta trousse. »

Ensuite, lui faire remarquer qu’il y a un certain nombre de fois écrit « ta tousse ». Lui demander comment il aurait pu dire la même chose de façon plus rapide : « Prends ta trousse, ouvre-la, vide-la, secoue-la… » Lui faire analyser cette nouvelle phrase. Lui expliquer que ce petit mot, « la », il est ttrèèèèèèès présomptueux, car il remplace le nom « trousse ». Comme tous les mots qui ont un rapport avec le nom, il est représenté par un triangle. Mais ce mot, il aime montrer qu’il est très important, alors on le représente par un très haut triangle violet

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