La spiruline contre la malnutrition
Les végétariens et végétaliens se tournent parfois vers des compléments alimentaires à base de spiruline, ou de flocons de cette même algue verte, afin d’augmenter de façon simple leurs apports de protéines d’excellente qualité, et de trouver facilement de la vitamine B12.
Les propiétés de cette petite merveille intéressent aussi beaucoup d’autres personnes :
« En Afrique, associations et gouvernements n’hésitent plus à miser sur cette culture simple et bon marché, accessible aux petites exploitations, qui demande 4 fois moins d’eau et 20 fois moins d’espace que le soja pour un rendement en protéines équivalent. Des fermes expérimentales se sont développées au Mali, au Bénin, au Niger. La récolte se fait tous les trois jours : filtrée et essorée, l’algue, déjà prisée par les Aztèques et les populations du lac Tchad depuis des centaines d’années, est ensuite séchée et réduite en poudre. » (le Monde).
Les initiatives fleurissent sur le continent africain : au Burkina Faso on a vu le lancement de dix fermes pilotes, au Sénégal l’association Education Santé a fait don de 45 tonnes de farine enrichie en spiruline pour soigner 10 000 enfants nigériens, à Madagascar un ancien entrepreneur agroalimentaire soutient un projet expérimental de culture de spiruline dans l’eau de mer…
Une évolution lente qui se nourrit de la multiplication des initiatives de terrain. « Tout cela commence à bouillonner. Des projets concrets se développent dans le Sud au fur et à mesure que les dirigeants prennent conscience que la spiruline peut permettre à leur pays de sortir du marasme. »
Autant d’expériences et de preuves qui donne du crédit à cette algue miracle, au point que les grandes associations humanitaires (Action Contre la Faim ou Médecins sans Frontières par exemple), d’abord sceptiques, commencent à s’y intéresser très sérieusement.
Gilles Raguin, responsable de la lutte contre la malnutrition au Programme alimentaire mondial (PAM), souligne qu’après plusieurs années de méfiance, « on parle aujourd’hui de la spiruline de façon plus positive. Si, à court terme, elle n’est pas prête à entrer dans les standards des grandes organisations internationales, elle a désormais leur bienveillance ».
Mais qu’est ce que la spiruline ? C’est un micro-organisme aquatique (elle ne mesure pas plus de 0,2 à 0,3 mm de long), parfaitement comestible, qui constitue un complément alimentaire à haute valeur nutritionnelle et qui peut être facilement produit localement en régions chaudes.
Pour se développer, il lui faut de l’eau, de la lumière, de la chaleur, et les éléments essentiels à la vie des plantes : carbone, azote, phosphore, potassium, fer, magnésium. Très riche enmicronutriments, enbéta-carotène(à partir de laquelle est formée la vitamine A), enfer, envitamine B12, …, la spiruline est surtout l’aliment le plus riche actuellement connu enprotéines(60 à 70% en poids sec), ces protéines étant d’excellente qualité puisqu’elles contiennent tous les acides aminés essentiels.
Qui plus est, son coût de production est très bas et compatible avec le pouvoir d’achat des populations rurales ou périurbaines des pays du tiers-monde.
De même, il est indispensable d’aller sur le site d’Antenna Technologies, association reconnue d’utilité publique (dont le siège est à Genève), composée de scientifiques, de professeurs, de chercheurs, d’ingénieurs et d’acteurs d’ONG de terrain. Antenna travaille avec la participation directe des populations concernées à la recherche d’innovations afin de couvrir les besoins fondamentaux des populations les plus démunies, et vise à simplifier certaines technologies afin de les rendre accessibles et appropriées aux conditions socio-culturelles de ces populations. Antenna est actuellement pionnier en matière de spiruline.
Pour ceux que le sujet passionne, un petit tour s’impose sur les infos de Spiruline France, où l’on découvrira « les petites nouvelles » de J.P.Jourdan, spécialistes de la spiruline.
Pour terminer, un extrait du site d’Antenna : « Les essais cliniques réalisés par Antenna Technologie et le Medical College of Maduraï dans le sud de l’Inde et présenté au Congrès Mondial de la Nutrition en 1999 ont montré qu’un à trois grammes de spiruline par jour, pendant 4 à 6 semaines, suffisent à complémenter efficacement les repas des enfants de 0 à 5 ans, de manière à les sortir de la malnutrition. »