Avant 6 ans – Septembre à décembre
par Camélicot · Publié · Mis à jour
Voici un exemple d’activités à proposer aux enfants qui n’ont pas encore commencé les activités d’instruction formelle. Leurs thèmes pourront d’ailleurs inspirer les thématiques utilisées pour les plus grands.
Septembre, semaines 1 et 2
Jeu de doigts :
C’est la moisson dans le grand champ
(faire le tour de la paume avec le doigt)
Qu’avons-nous récolté ?
Des épis de blé pour le premier
(Montrer le pouce, puis les autres doigts un par un pour la suite)
Des grains dorés pour le deuxième
De la farine pour le troisième
Du bon pain chaud pour l’quatrième
Et au petit coquin, qu’est-ce qu’il reste ?
Il lèche le plat, lèche le plat !
(Frotter la paume de la main avec le petit doigt.)
Poème – Chanson :
Adaptée et simplifiée d’une chanson parue dans Le « Ptit Ménestrel »
sol sol sol sol si ré ré ré sol la ré si
Voici le temps de la moisson Allons aux champs !
Voici le temps de la moisson
sol sol mi la la sol sol si sol la
Que donne la terre en cette saison ? Voici le temps de la moisson
si ré si la la la la sol ré ré si sol ré ré si
Pommes mûres et blé doré C’est la moisson, c’est la moisson !
Histoire – Conte :
Sensoriel :
Sac Mystère : dans un sac en tissu, mettre différents objets (simples au début, puis de plus en plus complexes au fil des semaines) que l’enfant devra toucher en mettant sa main dans le sac, sans regarder. Il devra ensuite deviner ce que sont ces objets.
Corporel :
Je pose une corde sur le sol, et nous devons la suivre en marchant dessus.
Elle peut être droite, courbe, en zigzag…
Puis c’est l’enfant qui la pose au sol comme il le veut, et nous marchons encore dessus.
Célébration :
Nous célébrons la fête de la Moisson à l’occasion de l’équinoxe d’automne.
Si possible, récolter des épis de blé et les moudre pour en faire de la farine.
Nous irons ramasser des pommes dans le parc pour faire une bonne tarte, nous ferons du pain tous ensemble, nous mangerons des carottes ramassées au potager.
Activités :
Aller cueillir des pommes, regarder les moissons, ramasser des épis de blé t le moudre pour faire de la farine, préparer un bon gâeau comme la ptite poule rousse, peindre avec du jaune doré…
Septembre, semaines 3 et 4
A l’occasion de la Saint-Michel (le 29 septembre), nous abordons le hème des dragons…
Jeu de doigts :
Un dragon fort et fier (lever la main, doigts écartés)
se promenait sur la terre (placer la seconde main sous la première).
Combien a-t-il de pattes ? (fermer le poing)
1, 2, 3, 4, 5 ! (lever les doigts un par un)
Si je lui fais un croche-patte ? (attraper le poignet)
il tombe le nez par terre : patatras ! (taper la main sur le sol)
Corporel :
Nous faisons un jeu à plusieurs étapes :
- D’abord nous marchons doucement en faisant de grandes enjambées, en disant « au pas, au pas, au pas »
- Puis nous sautillons en disant « au trot, au trot, au trot »
- Enfin, nous courons dans la maison en disant « au galop ! au galop ! au galop ! »
Histoire – Conte :
C’est l’histoire d’un dragon qui gardait une pomme en or. Tout le monde aurait bien voulu avoir cette pomme en or ! De nombreuses personnes allèrent la chercher. Un gros homme y alla. Il regarda le dragon, le dragon rugit, le dragon cracha du feu, et le gros homme s’enfuit…
Un homme aux larges mains y alla. Il regarda le dragon, le dragon rugit, le dragon cracha du feu, et l’homme aux larges mains s’enfuit…
Un homme grand comme un immeuble y alla. Il regarda le dragon, le dragon rugit, le dragon cracha du feu, et l’homme grand comme un immeuble s’enfuit…
Un homme à la voix grave y alla. Il regarda le dragon, le dragon rugit, le dragon cracha du feu, et l’homme à la voix grave s’enfuit…
Un jour, un petit garçon aux cheveux couleur de blé décida de tenter sa chance, et il y alla lui aussi. Il regarda le dragon, le dragon rugit, le dragon cracha du feu… mais le petit garçon aux cheveux couleur de blé ne s’enfuit pas ! Le rugissement du dragon lui rappelait le bruit des cascades près de chez lui, et le feu que crachait le dragon lui rappelait les flammes de la cheminée qui réchauffait sa maison ! Alors il se mit à rire et à danser autour du dragon !
En l’entendant rire et en le voyant danser autour de lui, le dragon fut tellement surpris qu’il s’envolât dans les airs ! Le petit garçon aux cheveux couleur de blé ramassa la pomme en or et l’offrit à sa grand-mère.
Célébration :
Nous célèbrerons la Saint Michel le 29 septembre. Je dirai encore une fois le conte du dragon, nous ferons un pain en forme de dragon et nous le dégusterons !
Octobre, semaines 1 et 2
Jeu de doigts :
Qui est bien au chaud dans son nid ?
(Poing fermé, pouce à l’intérieur)
C’est l’écureuil !
(Sortir le pouce)
Il saute sur la branche,
(Faire sauter la main sur le bras)
Il saute sur la branche,
(Faire sauter la main sur la tête)
Il saute sur la branche !
(Refaire sauter la main sur le bras)
Mais il fait trop froid, alors il rentre au chaud dans son nid…
(Refermer le poing autour du pouce)
Bonne nuit petit écureuil…
(En chuchotant tout près du poing. Faire un bisou sur le poing)
Poème – Chanson :
La princesse d’Automne
[nous avons remplacé la princesse par une fée, puisque chez nous, sur la table de saison, c’est une fée qui symbolise l’automne…]
a chassé le bel été
mais nous laisse pommes et poires
et la noisette à croquer.
Le voici, le vent d’automne,
attention feuille dorée !
Le vent léger qui chantonne
veut te prendre et t’emporter.
Dans la lumière d’automne
tu pourras tourbillonner…
Si l’écureuil s’étonne,
dis-lui de venir danser !
Roger Gandon, A cœur dansant (éd. Triskel)
Histoire – Conte :
Dans la forêt, il y avait un écureuil. Sentant venir le froid, il décida d’aller faire des provisions pour l’hiver. Il travailla tant et si bien qu’il trouva de quoi nourrir 10 écureuils ! Il ramassa des feuilles douces pour avoir chaud, des pommes de pin pour ne pas avoir faim, des glands pour se régaler, et des noix à déguster…
Content de sa récolte, il ramassa ses provisions et retourna vers son nid, entre les racines du vieux chêne.
Sur le chemin, il rencontra une souris qui pleurait.
« Que t’arrive-t-il, lui demanda l’écureuil ? »
» J’ai faim… J’ai tellement faim… »
Alors l’écureuil, qui avait bon cœur, lui donna les noix qu’il avait ramassées pour les déguster.
En regardant partir la souris rassurée avec les noix, il se consola en se disant qu’il lui restait des glands pour se régaler, des pommes de pin pour ne pas avoir faim, et des feuilles douces pour avoir bien chaud. Il ramassa ses provisions, et retourna vers son nid.
Sur le chemin, il rencontra un loir qui pleurait.
« Que t’arrive-t-il, lui demanda l’écureuil ? »
» J’ai faim… J’ai tellement faim… »
Alors l’écureuil, qui avait bon cœur, lui donna les glands qu’il avait ramassés pour se régaler.
En regardant partir le loir rassuré avec les glands, il se consola en se disant qu’il lui restait des pommes de pin pour ne pas avoir faim, et des feuilles douces pour avoir bien chaud. Il ramassa ses provisions, et retourna vers son nid.
Sur le chemin, il rencontra un tout petit écureuil qui pleurait.
« Que t’arrive-t-il, lui demanda l’écureuil ? »
» J’ai faim… J’ai tellement faim… »
Alors l’écureuil, qui avait bon cœur, lui donna les pommes de pin qu’il avait ramassées pour ne pas avoir faim.
En regardant partir le tout petit écureuil rassuré avec les pommes de pin, il se consola en se disant qu’il lui restait des feuilles douces pour avoir bien chaud. Il ramassa ses provisions, et retourna vers son nid.
Sur le chemin, il rencontra un hérisson qui pleurait.
« Que t’arrive-t-il, lui demanda l’écureuil ? »
» J’ai froid… J’ai tellement froid… »
Alors l’écureuil, qui avait bon cœur, lui donna les feuilles douces qu’il avait ramassées pour avoir bien chaud.
En regardant partir le hérisson rassuré avec les feuilles douces, il se consola en se disant qu’il lui restait son nid, et qu’il retournerait chercher des provisions le lendemain. Courageusement, il se remit en route, mais arrivé au pied du vieux chêne, il s’aperçut que son nid était déjà occupé…
Le pauvre écureuil se mit à pleurer… Il ne lui restait plus rien !
Mais qui sortit le bout du museau en l’entendant ? Hérisson, Souris, Tout petit Ecureuil, et Loir !
« Rentre donc, ami écureuil, nous t’avons gardé une place ! »
Et nos 5 nouveaux amis eurent bien chaud tout l’hiver, blottis les uns contre les autres, avec toutes les provisions nécessaires…
Sensoriel :
Nous continuons le sac à mystères, en changeant les objets qui y sont chaque semaine.
Corporel :
Marcher sur la ligne : à grands pas, à pas de fourmi.
Activités :
Donner à l’enfant un tas de provisions, et lui demander de donner les pommes de pin à la souris, les glands à l’écureuil, les noix au hérisson.
Octobre, semaines 3 et 4
Jeu de doigts :
Hérisson tout hérissé,
Les index pointent en l’air sur le rythme des syllabes
montre-moi ton petit nez
Faire des crochets avec les index
Hérisson tout hérissé,
Les index pointent en l’air sur le rythme des syllabes
n’a pas voulu le montrer !
Faire non avec les index
A roulé sa boule, roule, roule, roule.
Faire des moulinets avec les mains
M’a fermé la porte au nez !
Frapper des mains sur le rythme des syllabes
Hérisson tout hérissé…
Les index pointent en l’air sur le rythme des syllabes
Poème :
Quand s’étire et déroule
Son corps en paillasson,
Qu’il n’est plus en boule,
Tout hirsute et brouillon,
On aperçoit son nez pointu,
Ses petites pattes griffues,
Ses yeux noirs tout ronds
Brillants comme des boutons.
Qu’il est mignon
Le hérisson !
Corinne Albaut
Comptines des secrets de la forêt
Chanson :
Qui est-ce qui pique, pique, pique
Qui est-ce qui pique quand on le prend ?
C’est mon hérisson mesdames, c’est mon hérisson !
Qui est-ce qui trotte, trotte, trotte
Dans les allées du jardin ?
C’est mon hérisson mesdames, c’est mon hérisson !
Qui est-ce qui croque, croque, croque
Les insectes et les vers blancs ?
C’est mon hérisson mesdames, c’est mon hérisson !
Qui est-ce qui lape, lape, lape,
Le lait que je mets pour lui ?
C’est mon hérisson mesdames, c’est mon hérisson !
Qui est-ce qui s’roule, s’roule, s’roule,
Sous les feuilles du groseiller ?
C’est mon hérisson mesdames, c’est mon hérisson !
Qui est-ce qui se cache ou bien s’endort,
Quand il fait bien froid dehors ?
C’est mon hérisson mesdames, c’est mon hérisson !
Histoire – Conte :
Chaque année en automne, Hérisson se construisait un nouveau nid. Cette année, il avait choisi les feuilles les plus douces pour que son nid soit encore plus douillet que les années précédentes. Il y passa du temps ! Et quand, content de lui, il se recula de quelques pas pour contempler son nid bien fini au pied du pommier, une pomme lui tomba sur le dos !
Heureusement, il n’eut pas mal… Mais la pomme était prise dans ses piquants. Alors il se secoua, se secoua, se secoua encore, mais rien n’y fit : la pomme était coincée dans ses piquants !
Avec tout ça sur le dos, impossible de rentrer dans son nid… Que faire ?
Hérisson alla voir Ecureuil son ami et lui expliqua son souci. « Attends, je vais t’aider », dit Ecureuil. Et sans lâcher les noisettes qu’il venait de ramasser, il roula Hérisson sur le dos. Mais en se relevant, non seulement la pomme ne s’était pas décrochée, mais en plus, une noisette s’était elle aussi prise dans ses piquants. Hérisson se secoua, se secoua, se secoua encore, mais rien n’y fit : la pomme et la noisette étaient coincées dans ses piquants !
Avec tout ça sur le dos, impossible de rentrer dans son nid… Que faire ?
Hérisson alla voir Tortue son amie et lui expliqua son souci. « Attends, je vais t’aider », dit Tortue. Et elle plongea Hérisson dans l’étang. Mais en se relevant, non seulement la pomme et la noisette ne s’étaient pas décrochées, mais en plus, une algue s’était elle aussi prise dans ses piquants. Hérisson se secoua, se secoua, se secoua encore, mais rien n’y fit : la pomme, la noisette et l’algue étaient coincées dans ses piquants !
Avec tout ça sur le dos, impossible de rentrer dans son nid… Que faire ?
Hérisson alla voir Souris son amie et lui expliqua son souci. « Attends, je vais t’aider », dit Souris. Et elle frotta Hérisson avec la paille dont elle faisait son nid. Mais en se relevant, non seulement la pomme, la noisette et l’algue ne s’étaient pas décrochées, mais en plus, un épi de blé s’était lui aussi pris dans ses piquants. Hérisson se secoua, se secoua, se secoua encore, mais rien n’y fit : la pomme, la noisette, l’algue et l’épi de blé étaient coincés dans ses piquants !
Avec tout ça sur le dos, impossible de rentrer dans son nid… Que faire ?
Hérisson alla voir Chevrette son amie et lui expliqua son souci. « Attends, je vais t’aider », dit Chevrette. Et elle croqua et avala l’épi de blé.
Et elle croqua et avala l’algue.
Et elle croqua et avala la noisette.
Et elle croqua et avala la pomme.
« Merci Hérisson mon ami, dit Chevrette. C’était un excellent goûter ! »
Hérisson se sentit d’un seul coup tout léger ! Il se dépêcha de retourner sous le pommier, se faufila dans son petit nid douillet, et blotti dans les feuilles douces, il fit la meilleure sieste de sa vie !
Cette histoire est inspirée de l’album « La piquante aventure de Hérisson » de Ragnhild Scamell.
Sensoriel :
Continuer le sac à mystères avec de nouveaux objets.
Nouvelle activité : les hérissons à sensation (des gabarits de hérisson découpés dans différentes matières, que l’enfant touche : de la toile Emeri, une éponge verte, de la laine, des plumes si vous en avez, du carton ondulé, de la feutrine…).
Corporel :
Nous commencerons des jeux de ballons en laine ou en tissu : les lancer haut, les lancer loin, les lancer sur le canapé.
Activités :
Nous cueillerons des feuilles d’automne qui continuent à changer de couleur, nous retournerons ramasser des pommes, nous irons chercher des noix, des glands et des noisettes et cuisinerons des biscuits hérisson…
Novembre, semaines 1 et 2
Jeu de doigts :
Dans mon potager :
faire le tour de la paume de la main ouverte avec le doigt
celui-ci a mangé un potiron
replier le pouce
celui-ci a mangé une citrouille
replier l’index
celui-ci a mangé un potimarron
replier le majeur
celui-ci a mangé une courge.
replier l’annulaire
Et le petit ? Il ne lui reste plus rien du tout !
tenir l’auriculaire
Il lèche le plat, lèche le plat, lèche le plat !
Tenir l’auriculaire et lui faire frotter la paume de la main…
Poème :
Je prends un potiron
Et un petit couteau
D’abord j’enlève la terre,
et puis j’enlève la peau.
Puis je le découpe,
en tout petits petits morceaux.
Pour faire la soupe,
je les jette dans l’eau :
plouf !
Chanson :
Sur l’air de « J’habite une maison citrouille » :
Qu’est-ce qu’elle est belle ma citrouille,
Qu’est-ce qu’il est beau mon gros potiron !
Qu’est-ce qu’elle est belle ma citrouille,
Qu’est-ce qu’il est beau mon gros potiron !
J’aime sa couleur,
J’aime son odeur,
Mais c’que j’préfère, c’est sa saveur,
Quand on en fait d’la tarte au beurre !
Creuse la terre,
Sème les graine,
Y’en aura l’année prochaine !
Histoire – Conte :
Dans le champ près du bois, comme tous les ans, le vieil homme avait planté des citrouilles. Au milieu des unes et des autres, il y en avait une qui était particulièrement belle : elle était très grosse, d’une forme aux courbes rebondies, d’un orange éclatant, et sa peau brillait au soleil d’automne… Ses feuilles d’un vert profond s’étendaient autour d’elle en un beau tapis de verdure, et ses tiges tournicotaient élégamment dans toutes les directions. C’était vraiment la plus belle de toutes les citrouilles qui avaient jamais poussé dans ce potager ! Et toutes les plantes du jardin, tous les animaux de la basse-cour et des bois en parlaient : « Avez-vous vu la magnifique citrouille dans le potager du vieil homme ? »
La grosse et belle citrouille en conçut beaucoup de fierté et devint petit-à-petit très orgueilleuse. Elle se mit à parler d’une voix hautaine à ses sœurs : « Ah, si vous saviez ce que c’est dur d’être si belle ! il faut toujours que je me méfie des animaux qui voudraient grignoter mes feuilles tellement appétissantes, je dois faire attention aux autres plantes qui me cachent le soleil dont j’ai tant besoin… Et si le vieil homme oubliait une jour de m’arroser, qu’arriverait-il ? »
Plus les jours passaient au potager, et plus elle devenait vaniteuse. Elle comparait ses formes généreuses à celles de ses sœurs plus modestes, elle vantait sa si belle couleur qui faisait paraître les autres citrouilles ternes, elle étalait ses épaisses feuilles vertes par-dessus les autres légumes, même s’ils souffraient du manque de soleil… Et surtout, plus le soir d’Halloween approchait, plus elle se vantait de devenir la citrouille qui serait choisie pour orner le rebord de la fenêtre du vieil homme. C’était une tradition : chaque année à la même époque, le vieil homme choisissait la plus jolie, la plus grosse et la plus appétissante des citrouilles de son potager ; il la creusait soigneusement pour y faire apparaître de grands yeux. Avec la chair, il confectionnait une délicieuse tarte dont l’odeur embaumait tous les environs : les animaux du bois venaient tous, ce soir-là, lorsque le soir était venu, pour se régaler de son odeur et admirer la citrouille dans laquelle le vieil homme avait placé une petite bougie qui brillerait toute la nuit. Tous les enfants du village voisin faisaient la route, eux aussi, pour l’admirer ! Chaque année, toutes les citrouilles du potager grandissaient avec le secret espoir de devenir la reine de la nuit d’Halloween ! Et cette année, notre citrouille était sûre et certaine qu’elle serait choisie…
C’est pourquoi elle se moquait de ses sœurs qui continuaient à faire des efforts pour grandir, grossir et devenir plus oranges… Elle se moquait des poireaux qui poussaient pour devenir une simple soupe, pour les oignons qui ne seraient jamais plus gros qu’une balle… Mas une nuit, alors que l’orgueilleuse citrouille s’était endormie en prenant soin d’étaler ses feuilles au clair de lune pour les rendre brillantes, un escargot affamé grignota une à une chacune de ses si tendres feuilles vertes… Au réveil, la citrouille poussa des cris horrifiés : elle était défigurée, toutes ses feuilles étaient percées ! Elle se consola en se disant que le vieil homme ne garderait pas ses feuilles, et qu’il ne regarderait que son gros ventre rebondi. Et elle continua à se vanter de sa beauté et du succès qu’elle aurait le soir d’Halloween.
La nuit suivante, une limace vint à son tour, et grignota toutes ses petites tiges qui tournicotaient si joliment dans les airs… Au réveil, la citrouille poussa des cris horrifiés : elle était défigurée, toutes ses tiges étaient mangées ! Elle se consola en se disant que le vieil homme ne garderait pas ses tiges, et qu’il ne regarderait que son gros ventre rebondi. Et elle continua à se vanter de sa beauté et du succès qu’elle aurait le soir d’Halloween.
La nuit suivante, une petite souris s’approcha doucement. Et elle creusa un petit trou dans son écorce, tout près du sol, juste pour goûter ! Au réveil, la citrouille poussa des cris horrifiés : elle était défigurée, sa belle écorce avait été percée ! Elle se consola en se disant que le vieil homme ne regarderait peut-être pas si près du sol, et qu’il ne regarderait que son gros ventre rebondi. Et elle continua à se vanter de sa beauté et du succès qu’elle aurait le soir d’Halloween.
La nuit suivante, c’était la veille d’Halloween. La petite souris revint, et commença à creuser l’écorce pour prendre un petit peu de la chair si appétissante de la citrouille, et en apporter à ses nombreux petits… Au réveil, la citrouille poussa des cris horrifiés : elle était définitivement défigurée ! Cette fois, c’était fini, jamais elle ne serait choisie par le vieil homme pour la soirée d’Halloween… Et effectivement, lorsque le vieil homme vint dans son potager pour choisir la reine d’Halloween, il cueillit avec précaution une des sœurs de l’orgueilleuse citrouille. Tous les légumes du potager et les animaux de la basse-cour se réjouirent pour la chanceuse ! Tous, sauf l’orgueilleuse citrouille, qui pleura amèrement sa déception…
Le soir-même, chacun put admirer la jolie citrouille qui avait été choisie, éclairée délicatement par une bougie, et se régaler de l’odeur de la tarte posée sur le rebord de la fenêtre du vieil homme… L’orgueilleuse citrouille se lamentait encore sur son triste sort, lorsqu’elle entendit la petite souris qui revenait… Tout d’abord, elle lui cria de s’en aller, parce que c’était sa faute, ce qui lui arrivait ! Mais en voyant la petite souris si frêle, maigre, fragile et grelottante tourner le dos et repartir la tête basse, son cœur fut touché… « Attends ! » cria-t-elle… « Pourquoi étais-tu venue ?
_ J’ai une nombreuse famille, expliqua la souris. Tous mes petits sont affamés lorsque le froid vient… Je ne peux plus les nourrir comme il faut.
_ Alors va donc chercher ta famille, dit la citrouille. Puisque je n’ai pas été choisie comme reine, autant que je serve à quelque chose… Vous pourrez manger autant que vous voudrez, je suis la plus grosse citrouille de tout le potager ! Vous n’aurez jamais faim si vous restez près de moi… »
La souris se dépêcha d’aller chercher tous ses enfants, avant que la citrouille change d’avis, et ils se mirent tous à la grignoter de bon cœur…Ce fut le meilleur de tous leurs repas ! La nuit venue, rassasiés, ils s’endormirent à l’intérieur de la citrouille qu’ils avaient creusée, blottis les uns contre les autres. Leurs ronflements paisibles attirèrent un couple de vers luisants qui cherchait un refuge pour la nuit. Intimidés par le mauvais caractère de la citrouille, ils n’osaient s’approcher, lorsqu’elle les appela doucement, pour ne pas réveiller les souris : « Approchez, dit-elle. Vous pouvez venir si vous voulez. D’ici, vous pourrez admirer ma sœur qui trône sur le rebord de la fenêtre. Regardez comme elle est belle ! » Alors les vers luisants s’installèrent eux aussi au creux de la citrouille. Là, protégés du froid, ils se mirent à briller de mille feux ! La citrouille sentait les souris dormir paisiblement contre son cœur, elle sentait la lumière des vers luisants qui la réchauffait de l’intérieur, et pour la première fois de sa vie, elle se sentit vraiment heureuse. Pas de la joie superficielle qu’elle ressentait quand elle se trouvait si belle et était sûre d’être élue reine d’Halloween, non : un vrai bonheur, de celui qui nous réchauffe de l’intérieur, quand on aide ceux qui en ont besoin.
Et cette nuit-là, les enfants du village découvrirent non pas une, mais deux reines d’Halloween : la première, que le vieil homme avait creusée et dans laquelle il avait placé une bougie, et qui trônait sur le rebord de sa fenêtre. Et la seconde, creusée par des souris et illuminée par des vers luisants, au milieu du potager, n’était pas moins belle !
Sensoriel :
Nous goûterons plusieurs plats à base de citrouille, potiron, potimarron durant cette quinzaine : gratins, tartes sucrées et salées, gâteaux, biscuits, soupe, crudités râpées…
Activités :
Nous avons fabriqué une citrouille en papier mâché pour pouvoir dire le conte…
Creuser un potiron pour y mettre une bougie.
Corporel :
Se tenir l’un en face de l’autre en se tenant les mains
« Je fais d’la soupe à la citrouille
faire des ronds avec les mains pour mimer la cuillère qui tourne la soupe
Je touille, je touille, je touille,
faire une tresse (comme dans « Scions du bois »)
En mangeras-tu ? Non !
Mettre les mains devant la bouche de l’autre ;
Les mains reviennent à leur position de départ
Je fais d’la soupe à la citrouille,
Je touille, je touille, je touille,
En mangeras-tu ? Non !
Je fais d’la soupe à la citrouille,
Je touille, je touille, je touille,
En mangeras-tu ? Oui, c’est cuit !!! »
Les mains s’envolent pour former un arc de cercle et redescendent sur les côtés.
Célébration :
Halloween, pour nous, sera la « Fête de la Citrouille ». Durant cette journée, je raconterai le conte devant toute la famille, nous cuisinerons un bon repas où tout sera à base de potiron, puis nous creuserons une citrouille pour en faire une lanterne !
Novembre, semaines 3 et 4
Jeu de doigts :
Petit escargot
(Index et auriculaire sortis pour représenter les antennes, les autres doigts repliés)
porte sur son dos
(tapoter le dos)
sa maisonnette.
(faire une tente avec ses mains)
Aussitôt qu’il pleut
(les doigts miment la pluie qui tombe)
Il est tout heureux :
il sort sa tête !
(la main droite, représentant l’escargot comme sur la première phrase, passe doucement sous la main gauche étendue)
Jeu de doigts :
Monsieur, (Index de la main droite)
Madame. (Index de la main gauche)
Bonjour Monsieur !
Bonjour Madame !
(les doigts s’embrassent à tour de rôle)
Monsieur et Madame (deux index dressés côte à côte)
S’en vont se promener. (les faire avancer)
Mais il pleut, il pleut, il pleut !
(mimer la pluie qui tombe avec les mains)
Monsieur et Madame
(index et majeur de la main droite)
S’en vont sous un parapluie tout gris !
(placer la main gauche sur les doigts de la main droite pour représenter le parapluie, et faire avancer ensemble)
Chansons :
Pluie me mouille,
Feuille rouille,
Vent me fouette,
Vent tempête,
Feuilles folles,
Je m’envole !
Solange Innocent
C’est l’automne, c’est l’automne,
Les feuilles tombent, les feuilles tombent,
Partout sur le sol, partout sur le sol,
C’est si beau, c’est si beau !
(Sur l’air de Frère Jacques).
Histoire – Conte :
Dans la haie du jardin, habitait un petit escargot des haies. Connaissez-vous ces escargots ? Ils ont une jolie petite coquille couleur crème, ornée de rayures sombres.
Notre petit escargot, lui, contrairement à tous les autres membres de sa famille, n’avait pas la moindre rayure ! On se souvenait bien qu’un lointain ancêtre était né lui aussi sans rayures, mais c’était tellement lointain ! Alors notre pauvre petit escargot subissait souvent les moqueries de ses frères et de ses cousins. C’est pourquoi il devint solitaire, et aimait parcourir lentement la haie, en long et en large.
Un jour, il eut envie d’aller plus loin, et de voir le bout du monde. Tous ses frères le lui déconseillèrent. Ses cousins se moquèrent de lui, en disant qu’il ne retrouverait jamais son chemin s’il partait trop loin. Mais l’escargot sans rayure décida quand même de partir à l’aventure. Lentement, très lentement, il avançait sur sa jambe. Bientôt, il arriva au bout du bout de la haie. Et il continua. Ses frères et ses cousins le regardèrent s’éloigner un moment, puis reprirent le cours de leur vie dans la haie.
Le soir arriva, et l’escargot sans rayure trouva un abri sous une feuille large. Au matin, il reprit sa route : il voulait voir le bout du monde ! Quand le soleil tapait trop fort, il s’arrêtait sous une feuille, rentrait tout au fond de sa coquille et fabriquait une petite porte de salive pour se protéger de la chaleur. Lorsqu’il faisait frais, il sortait, se désaltérait dans les flaques, faisait des provisions d’eau, et repartait de plus belle.
Au bout de quelques jours, il découvrit une autre haie, toute semblable à celle où il était né. Là, il rencontra une autre famille d’escargots, tous rayés comme ses frères et ses cousins. Ils furent tous surpris de rencontrer un escargot qui n’était pas de leur famille, car ils se croyaient seuls au monde ! L’escargot sans rayure leur raconta d’où il venait, et pourquoi il était parti : il voulait voir le bout du monde… Comme sa famille, les escargots de l’autre haie le traitèrent de fou, et se désintéressèrent vite de lui. Alors l’escargot sans rayure reprit sa route.
De nombreux, nombreux jours passèrent. De nombreuses, nombreuses nuits passèrent. L’escargot sans rayure avança lentement, lentement, avec un grand courage et une exceptionnelle persévérance. Un soir, la nuit tomba si vite qu’il rentra dans sa coquille avec précipitation, sans trop faire attention à l’endroit où il était. Et au matin, lorsqu’il sortit ses yeux de sa coquille, il comprit qu’il était arrivé au bout du monde, là où tous les rêves deviennent réalité : il s’était endormi sous une énorme boule d’un orange éclatant, qui sentait délicieusement bon… Plusieurs autres boules orange s’épanouissaient tout autour, ainsi que des bouquets de feuilles vertes aux côtes blanches, des branches de feuillages d’un vert profond, des racines roses, d’autres d’un beau orange, qui sortaient de terre… Le bout du monde, il y était arrivé, et c’était un potager !
Il ne pensait pas pouvoir être plus heureux, mais il atteint le comble du bonheur lorsqu’il aperçut, en train de grignoter quelques feuilles de salade, trois escargots, sans la moindre rayure ! Au bout du monde, il venait de trouver son chez-lui !
Sensoriel :
Nous continuons le sac à mystères.
Nous commençons à manipuler la deuxième boîte des couleurs Montessori.
Activités :
Observer les escargots dehors, et rapporter des coquilles vides pour décorer la table des saisons.
Corporel :
(Une ronde)
Un petit bonhomme s’en allait au bois
(tourner dans un sens)
Quand il revenait, il faisait chaqu’ fois :
(tourner dans l’autre sens)
Atchoum ! Atchoum ! Atchoum, atchoum, atchoum !
(faire des tresses sur le rythme des mots)
Novembre, semaines 5
Jeu de doigts :
Dans la nuit de l’hiver,
Mains jointes sous l’oreille comme pour mimer le sommeil
L’Ange bleu déploie ses ailes.
Mains déployées, pouces joints, comme pour mimer un oiseau
Il nous annonce
Mains en porte-voix autour de la bouche
La joie du ciel
Lever les mains au ciel
A accueillir dans notre cœur !
Mains sur le cœur
Poème :
L’Ange bleu
Est passé
Nous montrer
La bonté de Dieu…
Trouvons-la
Dans nos cœurs
Pour notre bonheur !
Histoire – Conte :
Adapter le Conte de l’Ange bleu, le premier ange de Noël.
Célébration :
1er dimanche de l’Avent !
Activités :
Le 1er jour d l’Avent, nous sortons notre calendrier de l’Avent sous forme de guirlande de chaussettes, qui nous propose une activité chaque jour.
Décembre, semaine 1
Jeu de doigts :
Saint Nicolas a déposé dans mon soulier
(Main en creux pour former une chaussure)
une orange dorée,
(main tendue, toucher le pouce)
des noix,
(index)
une orange,
(majeur)
du pain d’épices
(annulaire)
et du bonheur !
(auriculaire)
pour que dans mon cœur
(main sur le cœur)
brille la lumière des anges !
(mains qui miment les ailes des anges)
Poème – Chanson :
Au clair de la lune,
Grand Saint Nicolas
Là-haut dans le ciel
Fait des chocolats,
Mitre sur la tête
et crosse à son bras.
C’est toujours la fête,
Quand il vient chez moi !
(Sur l’air de Au clair de la lune)
Histoire – Conte :
L’histoire du deuxième ange de Noël,
ou un conte avec Saint Nicolas.
Célébration :
Saint Nicolas le 6 décembre,
et deuxième dimanche de l’Avent…
Activités :
Avant tout les activités de notre calendrier de l’Avent, puis décorer la maison.
Décembre, semaine 2
Jeu de doigts :
Lucie au cœur d’or, sur son chemin
(faire le tour de la paume avec l’index)
A donné son manteau
(replier le pouce)
a donné son chapeau
(replier l’index)
a donné ses chaussures fourrées
(replier le majeur)
a donné sa robe perlée
(replier l’annulaire)
et même son cache-nez.
(replier l’auriculaire)
Elle tremble, il gèle…
(faire trembler le poing)
Mais du soleil
(ouvrir la main doigts bien écartés et la mettre en l’air comme un soleil)
Descend une pluie d’or
(la main descend doucement en agitant les doigts pour mimer la pluie)
Et pour son bon cœur,
(main sur le cœur)
Lucie reçoit un vrai trésor !
(main ouvertes pour recevoir)
Chanson :
Sensoriel :
En plus du sac à mystères, nous travaillerons les rugosités en touchant des papiers de verre de grains différents en essayant d’apparier des carrés deux à deux.
Activités :
- Tout ce que nous pourrons faire dans la neige
- les activités de notre calendrier de l’Avent
- des décorations de Noël.
Célébration :
- Sainte Lucie le 13 décembre : la plus jeune fille de la maison s’habille de blanc et porte la couronne de bougies pendant que tout le monde écoute le conte. Nous mangeons de la brioche au curcuma.
- Troisième dimanche de l’Avent le 16 décembre.
Décembre, semaines 3 et 4
Chanson :
Ensuite, après le quatrième dimanche de l’Avent, nous chanterons des chants de Noël, je vous laisse choisir vos préférés, il y en a tellement !
Histoire – Conte :
Le conte du quatrième Ange de l’Avent, l’Ange violet.
Puis l’histoire de Noël, que vous pouvez adapter si vous n’êtes pas chrétiens.
Chez nous, je trouve l’histoire tellement belle que je ne fais que la raconter avec des mots adaptés aux petits, et tout le monde aime beaucoup.
Il y a nombre d’albums avec de magnifiques illustrations, à vous de chercher celui qui vous correspondra le plus !
Activités :
- Les activités de notre calendrier de l’Avent,
- des étoiles en papier ,
- des chocolats maison… Miam, tellement bons !!!
Célébrations :
- Quatrième dimanche de l’Avent : l’Ange violet, et le règne humain qui arrive sur la crèche avec les bergers.
- Et enfin : Noël !!!!!
- Le soir du 25 décembre, nous recommencerons aussi la célébration des 12 Nuits Saintes…
Je viens te remercier à nouveau, décidément je suis bien contente d’être tombée sur ton blog, nous avons vraisemblablement pas mal de points communs ^^
C’est l’année des 3 ans de mon aînée (et ici c’est unschooling / jeu libre / inspirations Steiner et Montessori…), ton programme me donne plein d’idées, c’est très gentil à toi de l’avoir partagé!
Des bises 🙂
Merci 🙂
J’essaie aussi, à la semaine, de publier les activités que nous faisons, les histoires que j’invente, toujours en lien avec la thématique…
Contente que ça puisse te donner des idées !