Les principes du jardin-forêt

Avant de creuser le trou pour planter le premier arbre, j’ai passé des dizaines et des dizaines d’heures à lire des livres, consulter des blogs, recouper l’expérience partagée par des permaculteurs et autres jardiniers… tout cela pour en arriver à la conception théorique de notre jardin-forêt… En voici quelques indications !

Un jardin-forêt, qu'est-ce que c'est ?

Pour faire simple, disons que les permaculteurs ont observé que le milieu le plus riche en vie, en humus et en productivité, c’était la forêt. Ils ont alors eu l’idée de reproduire ce modèle pour en tirer des produits alimentaires : fruits, légumes, verdures, plantes aromatiques et médicinales entre autres. Cette symbiose de plantes imitant la forêt et tirant parti de ses avantages, c’est ça, un jardin-forêt !

 Les personnes qui m’ont le plus inspirée dans mes recherches permacoles sont Sepp HolzerBill MollisonPatrick Whitefield et Robert Hart. Il y en a beaucoup d’autres, mais disons que leurs écrits et expériences m’ont beaucoup portée… Je ne peux que vous conseiller de vous intéresser à leurs travaux, chacun a sa spécialité !

Les 7 étages de la forêt comestible

En pratique, on observe que dans la nature, il n’y a nulle part de monoculture : ce n’est pas productif, et dégrade les sols par épuisement des ressources ! Si vous laissez une parcelle de terrain à l’abandon, elle redeviendra, après plusieurs étapes, une forêt (différente selon votre climat et biotope) : tous les efforts de la nature vont dans ce sens. Lorsqu’on veut faire des plates-bandes de carottes, on lutte en permanence contre la nature pour retirer les « mauvaises herbes », et empêcher la nature de reprendre ses droits et d’aller vers la forêt… Le principe du jardin-forêt, c’est d’arrêter de se battre contre la nature et d’au contraire utiliser ses forces, en mettant en place un écosystème qui fonctionne sur celui des forêt, c’est-à-dire un espace multi-étagé, dans lequel le sol sera toujours couvert, et qui au bout de plusieurs années, s’entretiendra tout seul. On parle en général de 7 étages (à droite).

Lorsque vous plantez votre jardin-forêt, il faudra prévoir :

  • de grands arbres (par exemple des châtaigniers, pommiers, poiriers)
  • des arbres plus petits (comme des pêchers)
  • des buissons et ronces (lyciets qui produisent des baies de Goji, eleagnus, mûriers-framboises, myrtillers, ronces géantes…)
  • des herbacées (consoude, menthe, persil, salades sauvages…)
  • des racines et tubercules intéressants comme les topinambours, les poires de terre, les noix tigrées…
  • des lianes (vigne bien sûr, mais aussi kiwi, akébia…). 

Les guildes (ou associations bénéfiques)

Un autre principe très important en permaculture, et notamment pour les jardins-forêt, c’est de créer des guildes, ou associations bénéfiques, qui vont permettre à chaque plante de s’épanouir sans notre aide… mais avec celle d’autres plantes qui pousseront à proximité. Il n’est par exemple pas question de planter 10 pommiers côte à côte, puis une rangée de pêchers, avec à leur pied uniquement de la menthe… On va donc diversifier au maximum les essences végétales

Pour créer une guilde, on pense :

  • Au développement aérien de la plante : deux très grands arbres placés côte à côte se gêneront forcément dans leur croissance… On préférera donc alterner les grands, les moyens, les buissons, dans un joyeux mélange qui rappelle les forêts naturelles !
  • Aux racines : certains arbres ont des racines qui plongent très profondément dans la terre, d’autre plantes ont des racines qui restent sous la surface du sol mais s’étendent très loin sur les côtés… En pensant à ce paramètre, on évitera les concurrences racinaires, et nos plantes se porteront bien mieux !!!
  • Aux sécrétions et propriétés chimiques de la plante : avez-vous déjà remarqué que sous un noyer, à part les pommes de terre, pas grand-chose ne pousse ? C’est parce qu’un noyer produit des substances qui ont tendance à inhiber la croissance des autres plantes… Planter un abricotier sous un noyer, c’est donc se donner un handicap dès le début ! Heureusement, certaines plantes ont aussi des propriétés qui nous seront utiles dans le cadre de notre projet de jardin-forêt :
    • plantes fixatrices d’azote, qui augmenteront la productivité des plantes proches
    • plantes fixatrices d’autres substances bénéfiques
    • plantes repoussant les ravageurs 
    • plantes attirant les pollinisateurs, etc.
  • Aux productions de la plante : certaines plantes vont nous fournir du bois, d’autres des fruits, d’autres des feuilles utiles en médecine, des branches faciles à tresser en paniers… Certaines vont aussi attirer ou repousser tel type d’insectes… il faut donc bien se renseigner !
  • Aux amitiés et inimitiés : « le poireau aime les fraises », et certains arbres aiment pousser auprès de certains autres… Pour maximiser la production de notre jardin-forêt, il faudra se pencher sur ces associations !

Une fois qu’on a réfléchi à tout ça, on peut commencer à créer nos guildes : si notre but est d’avoir des pommes, on planifiera donc la plantation de pommiers, entourés d’arbustes bénéfiques, de buissons fixateurs d’azote, d’herbacées qui attireront les pollinisateurs, etc. En général, on dit que pour 1 fruitier, il faut 3 arbres ou arbustes compagnons.

Ca devient très intéressant quand on sait que les arbustes compagnons peuvent aussi porter des fruits, ou avoir d’autres propriétés qui nous seront très utiles ! Ca devient même carrément passionnant, en tout cas c’est ce que j’ai pensé en me penchant là-dessus 🙂

Le "design"

Il faut ensuite implanter ces guildes sur notre terrain, en prenant en compte plusieurs facteurs :

  • Se protéger des vents froids par la plantation d’une haie brise-vent
  • Intégrer ou valoriser l’eau
  • Utiliser les spécificités de notre terrain (zones humides…)
  • Planter les arbres qui ont besoin du plus de soleil au sud, les grands arbres et ceux qui résistent le mieux au nord…
  • Intégrer les zones d’habitation et de vie, les constructions
  • Placer les éventuelles pâtures pour les animaux
  • Installer le potager proche de la maison
  • Réfléchir aux chemins…

Tout ça, c’est le fameux « design » si célèbre en permaculture… qui nous permet d’arriver à un schéma de notre projet.

Voici très très schématiquement ce à quoi nous sommes arrivés dans notre cas (il y a d’ailleurs eu des modifications au cours de la mise en œuvre de notre projet) :

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1 réponse

  1. Angelilie dit :

    toujours un plaisir de flâner sur vos pages. au plaisir de revenir. N »hésitez pas à visiter mon blog. lien sur pseudo. à bientôt.

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