« Picture Study » : Diego Velazquez

Diego Vélasquez est un peintre baroque ; considéré comme l’un des principaux représentants de la peinture espagnole et l’un des maîtres de la peinture universelle. Il développa un style naturaliste à base de clairs-obscurs, caractérisé par une grande luminosité et des coups de pinceau rapides.

Diego Velázquez fit son apprentissage à Séville, en Espagne, à une époque où cette ville était la plus riche et la plus cosmopolite d’Espagne. C’était aussi un foyer d’art qui disposait de grands peintres.
Le talent de Velázquez se révéla très tôt : à 10 ans, il commença sa formation dans l’atelier du peintre Pacheco, qui se voulait successeur de Raphaël et de Michel Ange. Il broyait les couleurs, préparait les colles, décantait les vernis, tendait les toiles, montait les châssis.
A cette époque, il adopte un dessin strict, capable de capter avec précision la réalité, avec une plastique sévère, totalement opposée aux contours flous qui étaient alors en vogue, mise en valeur par la technique du clair-obscur. Il choisit alors des thèmes religieux ou des scènes de genre représentant des gens simples.

Adoration des Mages

Velázquez s’applique à représenter les objets avec une grande finesse au moyen d’une lumière forte qui détache les surfaces et les textures. Il était d’ailleurs célèbre pour sa représentation parfaite des textures de la nature.
Ses peintures eurent une grande influence sur les peintres de Séville qui produisirent une grande quantité de copies et d’imitations de ses toiles.

Le Porteur d’eau de Séville

Après avoir épousé la fille de son ancien maître Pacheco, Velázquez fut présenté au roi d’Espagne, et eut accès aux collections royales de peintures, qui venaient de toute l’Europe. Il prit alors conscience qu’il existait « une poésie de la peinture et une beauté de l’intonation » : il chercha dès lors à utiliser la luminosité des gris-argent et des bleus transparents pour rendre ses œuvres plus vibrantes et vivantes. Il réalisé à cette époque de nombreux portraits.

Le Bouffon Calabacillas

Portrait du nain Sebastian de Morra

Le roi ayant apprécié les qualités du peintre, il le désigna comme « Peintre de Chambre » et lui commanda plusieurs portraits de lui et de sa famille, qui firent l’admiration de toute la cour d’Espagne. Velazquez devait aussi peindre les toiles qui décoraient le palais. Le roi appréciait énormément sa noblesse de caractère, sa simplicité, l’urbanité de ses manières.

Le portrait du Pape Innocent X fut son portrait le plus encensé ! Par des coups de pinceaux séparés, de nombreux tons de rouges se combinent.

 

Mais cette admiration du roi entraîna de nombreuses jalousies : plusieurs peintres de l’époque accusèrent Velázquez de « ne peindre que des têtes ». Pourtant, plusieurs concours qu’il remporta haut la main officialisèrent son triomphe.
Dans ses portraits, il s’appliquait à reproduire la réalité, sans idéaliser ses modèles. Il utilisait la lumière et des couleurs intelligemment choisies pour mettre les personnages en valeur.

Juan de Pareja

Portrait du Pape Innocent X

Après des voyages en Italie où il découvrit les toiles de grands maîtres, il assouplit son dessin, et commence à peindre selon ses impressions visuelles, le menant peu à peu vers une période plus « impressionniste ». Il recherche une simplification picturale, ce qui nécessite une grande maîtrise technique, notamment dans l’utilisation du clair-obscur. Il dispose irrégulièrement des coups de pinceaux clairs, et suggère les bords de certaines parties de ses tableaux, notamment les vêtements, pour attirer plus encore le regard du spectateur vers les visages de ses modèles.

Dans Les Ménines, son dernier style pictural apparaît : des traits épais et séparés aux contours, des coups de pinceaux courts pour les touches de lumière, et fondamentaux sur les vêtements.
Il s’agit de sa toile la plus connue et la plus controversée : au centre, se trouve l’Infante Marguerite, assistée de deux dames d’honneur, les Ménines. A droite, des nains de son entourage. A gauche, le peintre lui-même. Le miroir reflète les visages du roi et de la reine. Sur ce tableau, chaque coup de pinceau a été donné de façon précise, sans reprise ni rectification !

Les Ménines

Les Fileuses est l’une des dernières œuvres de Velázquez, et représente le mythe d’Arachné. Ce tableau, rempli d’air, de lumière et de mouvement, arbore des couleurs chatoyantes. L’exécution fut très rapide, sur un fond orangé ; les personnages du premier plan sont diffus, définis par des touches rapides qui provoquent un flou ; au fond, cet effet augmente, provoqué par des coups de pinceaux encore plus brefs et transparents.

Les Fileuses

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