Etudes comparatives entre accouchement à l’hôpital et accouchement à domicile

The CPM Study de Ken Johnson et Betty-Anne Daviss

Cette étude porte sur 5418 naissances programmées à la maison, aux Etats-Unis :

  • 12 % des femmes ont finalement été transférées à l’hôpital. Parmi celles-ci :
    • 4,7 % ont subi une épidurale
    • 2,1 % ont subi une épisiotomie
    • 3,7 % ont subi une césarienne (contre 32 % de moyenne nationale).
  • Aucune mère n’est décédée
  • Le taux de mortalité périnatale est de 1,7 ‰ (identique au taux de mortalité périnatale pour les naissances à faible risque ayant lieu à l’hôpital)
  • Taux de satisfaction maternelle : 97 %

Etude réalisée en Colombie Britannique (Canada)

Porte sur :

  • 2899 naissances à la maison programmées avec des SF
  • 4604 naissances à l’hôpital avec des SF
  • 5331 naissances à l’hôpital avec des médecins.

Le taux de mortalité infantile

    • pour les naissances à la maison : 0,35 ‰
    • pour les naissances hospitalières encadrées par SF : 0,57 ‰
    • pour les naissances hospitalières encadrées par médecins : 0,95 ‰.

Etude réalisée par Hutton, Eileen, Reitsma, Kaufman, Karyn

 L’étude s’intitule « Outcomes associated with planned home and planned hospital births en low-risk women attended by midwives in Ontario, Canada”, 2003-2006

Elle porte sur :

  • 6692 mères ayant prévu un accouchement à la maison
  • 6692 mères ayant prévu un accouchement en structure médicale

Tous ces accouchements étaient en risque bas, sans problème détecté durant la grossesse, et étaient suivis par des SF.

  • Taux de mortalité infantile identique entre les deux groupes
  • Complications lors de l’accouchement plus élevées dans le groupe des naissances prévues à l’hôpital
  • Complications maternelles graves deux fois plus fréquentes pour les accouchements prévus en structure.

« Listening to Mothers II »

Cette étude a été réalisée entre 2002 et 2006 par les chercheurs Declercq, Sakala, Corry et Applebaum. Vous pouvez la retrouver en lecture sur www.childbirthconnection.org. 

Elle évalue l’expérience des soins autour de l’accouchement à l’hôpital :

  • 15 % des parturientes ont été autorisées à manger ou à boire
  • 24 % étaient libres de marcher
  • 90 % ont été placées sous monitorage continu
  • 81 % ont subi des examens vaginaux
  • 80 % ont subi une perfusion
  • 71 % ont subi une anesthésie épidurale
  • 25 % ont subi une épisiotomie
  • 59 % ont subi une rupture artificielle des membranes
  • 55 % ont reçu de l’ocytocine de synthèse
  • 49 % ont subi une tentative de déclenchement du travail
  • 43 % se sont vu poser un cathéter
  • 57 % ont du pousser couchées sur le dos (position du décubitus dorsal)
  • 21 % seulement étaient libres de pousser quand et comme elles en ressentaient le besoin
  • 28 % seulement des mamans souhaitant allaiter ont pu allaiter leur bébé pendant la première heure
  • 32 % ont subi une césarienne, parmi lesquelles
    • 25 % pour mauvaise interprétation du monitorage fœtal
    • 25 % pour « mauvaise » position du bébé
    • 12 % parce que le soignant craignait à tort que le bébé soit trop gros.

Etude du Dr Lewis Mehl

Porte sur :

  • 1046 naissances planifiées à la maison
  • 1046 naissances planifiées à l’hôpital.

Les grossesses étant toutes des grossesses de faible niveau de risque.

Après analyse comparative des durées de travail, des complications, des résultats pour la santé des enfants et des procédures utilisées pour les deux groupes, il montre que les naissances à la maison sont PLUS SURES que les naissances à l’hôpital !

  • Les naissances hospitalières présentent une incidence de pression artérielle élevée pour la mère 5 fois plus importante
  • On observe 3,5 fois plus de méconium dans le liquide amniotique (indicateur de détresse fœtale)
  • Il y a 8 fois plus de dystocie des épaules (certainement due à l’acharnement des médecins à placer les femmes sur le dos pendant le travail et/ou l’expulsion)
  • Taux d’hémorragie post-partum 3 fois plus élevée (due à l’injection d’ocytocine de synthèse pour déclencher ou accélérer le travail, à la délivrance dirigée, aux manœuvres d’extraction manuelle du placenta, au clampage précoce du cordon)
  • Les bébés nés à l’hôpital avaient 3 fois plus besoin d’être réanimés (essentiellement à cause des médicaments injectés à la mère)
  • Les bébés nés à l’hôpital contractent 4 fois plus d’infections
  • Les bébés nés à l’hôpital ont 30 fois plus de blessures périnatales (notamment à cause des forceps) : céphalhématomes sévères, fractures du crâne, paralysie des nerfs faciaux, blessures du nerfs brachial, lésions de l’œil…
  • 75 % des mères ayant accouché à l’hôpital ont reçu des analgésiques ou des anesthésies, contre moins de 5 % pour celles ayant prévu d’accoucher à la maison.
  • On observe 3 fois plus de césariennes dans le groupe des naissances prévues à l’hôpital
  • On pratique 9 fois plus d’épisiotomies dans le groupe des naissances hospitalières
  • On observe aussi 9 fois plus de déchirures sévères du périnée dans le naissances groupe des prévues à l’hôpital
  • Les taux de mortalité maternelle et infantile sont identiques selon les deux groupes.
  •  

Etude de Marjorie Tew en Grande-Bretagne

Porte sur 13628 naissances classées selon leur catégorie de risque :

  • Grossesses à risque très bas
  • Grossesses à risque bas
  • Grossesses à risque modéré
  • Grossesses à risque haut
  • Grossesses à risque très haut

Dans chacune des catégories, la mortalité néonatale est plus basse lorsque l’accouchement se passe à la maison :

  • Aux niveaux de risque bas et très bas, respectivement 2 et 3 fois plus de bébés meurent à l’hôpital.
  • Au niveau de risque modéré, 8 fois plus de bébés décèdent à l’hôpital
  • Aux niveaux de risque élevé et très élevé, Tew note 3 fois plus de décès des bébés à l’hôpital.

Conclusion de Tex : « L’assistance des obstétriciens ne permet pas, à part dans des cas exceptionnels, de réduire le risque prédit. En réalité, elle provoque et augmente les dangers. La sécurité émotionnelle procurée par un environnement familier, la maison, contribue bien plus à la sécurité que les équipements des hôpitaux conçus pour faciliter les interventions obstétricales en cas d’urgence. » (Marjorie Tew, « Safer Childbirth : a critical history of maternity care », 1990)

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