« Picture Study » : Elisabeth Vigée-Le Brun
par Camélicot · Publié · Mis à jour
Cette peintre qui a vécu de grands bouleversements historique (Révolution française, Restauration) a été considérée comme la plus grande portraitiste de son temps.
A sa naissance en 1755, Elisabeth est confiée à des paysans, comme c’était souvent le cas dans la bourgeoisie. Elle y restera les 6 premières années de sa vie, et quittera ceux qu’elle considérait comme ses parents pour entrer dans l’école d’un couvent. Elle en sortira pour rejoindre sa famille lorsqu’elle a 11 ans. Son père, pastelliste, remarque son beau talent pour le dessin et la peinture, et commence donc à lui donner des leçons. Après la mort de son père et le remariage de sa mère avec un joailler fortuné, elle continue à prendre des cours avec un peintre ami de la famille, qui l’encourage à travailler le pastel et la peinture à l’huile, où elle excelle.
Portrait au pastel d’une jeune fille
Elisabeth va alors à la rencontre des peintres en vogue à son époque, pour demander leurs conseils ; elle dira elle-même qu’elle n’a jamais eu de maître en particulier, préférant avoir de multiples conseils de personnes différentes. De même, elle court les musées, admire des peintures éclectiques et copie les toiles des grands maîtres, notamment les portraits : « On pouvait exactement me comparer à l’abeille, tant j’y récoltais de connaissances… ». Toute sa vie, cette soif d’apprendre ne la quittera pas, car elle a compris qu’un don se travaille. Déjà, on lui commande des portraits et elle commence à gagner sa vie. Elle peint son premier tableau reconnu en 1770 : c’est un portrait de sa mère.
Madame Le Sèvre, née Jeanne Maissin
En 1775, elle rencontre M. Le Brun, restaurateur de tableaux et peintre, spécialiste de la peinture hollandaise. Elle étudie grâce à lui de nombreuses toiles des maîtres hollandais. Elle l’épouse bientôt, malgré sa mauvaise réputation, pour échapper à sa famille et notamment à son beau-père qui accapare ses revenus. Elle reçoit à cette époque une première commande du frère du roi. Le succès de ce portrait lui permet de devenir peintre officielle de la reine Marie-Antoinette.
Marie-Antoinette en robe à panier de satin blanc
Souhaitant être admise à l’Académie royale de peinture et de sculpture, elle présente « La Paix ramenant l’Abondance ». Forte de l’appui de la reine, elle a l’audace d’y représenter un sein découvert, alors que les nus académiques étaient réservés aux hommes. La plupart des juges s’opposent à son admission parce qu’elle est une femme et que son mari est un « simple vendeur de tableaux ». Mais l’intervention protectrice de Marie-Antoinette lui permet d’accéder à ce privilège.
La Paix ramenant l’Abondance
La même année, lors de sa première participation au Salon de l’Académie, elle expose « Marie-Antoinette à la rose », peinture qui fait scandale, car la reine y est représentée dans une robe de gaulle, fine mousseline qui servait ordinairement au linge de corps. Au bout de quelques jours, elle doit remplacer le portrait par un autre plus conventionnel. Après ce scandale qui fait plus encore parler d’elle, le prix de ses tableaux s’envole.
Marie-Antoinette à la rose,
dite Marie-Antoinette en robe de gaule
Fervente royaliste, Elisabeth Vigée Le Brun est l’objet de rumeurs et critiques très vives : on l’accuse d’allumer sa cheminée avec des billets, d’avoir des lambris en or, de dépenser des fortunes pour donner des repas mondains.
Lorsque la Révolution française éclate, elle fuit Paris avec sa fille, déguisée en ouvrière, et se réfugie à Rome, laissant derrière elle son mari, ses tableaux, le million de francs qu’elle a gagnés. Ayant perdu ses droits civiques en France, elle se met à parcourir toutes les cours d’Europe, où elle est accueillie en triomphe !
Elle peindra une cinquantaine d’autoportraits, tout au long de sa carrière, dont deux avec sa fille. Son premier autoportrait est le tout premier de l’art occidental où les dents sont apparentes : il sera jugé scandaleux !
Autoportraits avec sa fille Julie
Le style qui l’a rendue si célèbre se caractérise par une dégradation subtile de tons colorés, qui accroche la lumière et rend vivants ses portraits.
Ses couleurs fraîches accentuent encore l’impression de joie de vivre et de tendresse qui se dégagent de ses tableaux.
Elle aura aussi, durant toute sa carrière, une grande audace dans ses choix.
Autoportrait au chapeau de paille
Pour les jeunes :