« Picture Study » : Jacques-Louis David

Figure de proue du néoclassicisme français, révolutionnaire engagé puis premier peintre de Napoléon Ier, Jacques-Louis David a un parcours exceptionnel : il fut un grand rénovateur du classicisme antique dans la peinture d’histoire. En son temps, après la mode du rococo, son art épuré et sévère a incarné l’image de la modernité !

Né à Paris dans un milieu petit-bourgeois, Jacques-Louis David n’a que 9 ans lorsqu’il perd son père. Sa mère et ses tuteurs repèrent vite ses talents pour le dessin, et pensent faire de lui un architecte. Il entre comme élève à l’Académie de Saint-Luc, puis devient élève de Joseph-Marie Vien, peintre antiquisant. Il prend des cours à l’Académie royale : composition, anatomie, perspective. David prépare le prix de Rome, mais ne reçoit que le second prix, avec « Combat de Mars contre Minerve » dans un style rococo.

Combat de Mars contre Minerve

Son physique est ingrat, car David a contracté une tumeur à la joue gauche qui rend son élocution difficile. Malgré cela, ses succès en peinture lui permettent de fréquenter la belle société. Toutefois, il rate plusieurs fois la première place au concours de Rome, et en conçoit une méfiance vis-à-vis du système académique dominant, qu’il n’hésitera pas à contester au moment de la Révolution.

Finalement lauréat du premier prix de Rome en peinture en 1774, David part à Rome où il réside durant quatre ans. Vien, son maître, vient d’être nommé directeur de la Villa Médicis. C’est l’occasion pour le jeune peintre de découvrir les grands artistes de la Renaissance italienne. Suivant les conseils de son maître, il consacre la première année au dessin. Cherchant encore un style qui lui est propre, il s’inspire ensuite beaucoup des œuvres du Caravage.

Ebauche de Hersilia

Académie dite Patrocle

La découverte des ruines d’Herculanum et de Pompéi le marque beaucoup, et l’engage à se tourner vers des thèmes inspirés de l’Antiquité. Rentré à Paris, il découvre les théories de Joachim Winckelmann, historien de l’art allemand qui prône le retour vers l’Antiquité grecque et la nudité héroïque.

Son caractère taciturne, son esprit indépendant et parfois rebelle, le retard avec lequel il livre ses toiles, l’empêchent pourtant d’obtenir de belles places pour ses tableaux lors des expositions auxquelles il participe.

 

Le serment des Horace

Ses toiles historiques et mythologiques ont un grand retentissement, et l’éloge du public et de la critique. Dès lors, David devient le chef de fil d’un nouveau mouvement de peinture, qu’on nommera plus tard le « néo-classicisme ». Il impose des œuvres épurées, de facture classique, sans frivolité, inspirées de l’histoire ancienne. Son style rayonne de clarté, de symétrie, de valeurs morales.

La mort de Socrate

David a tellement de succès, qu’il inspire la mode : les femmes abandonnent les perruques poudrées pour adopter les coiffures à l’ancienne, des ébénistes réalisent des meubles « à la romaine » dessinés par David…

Mais l’artiste n’est pas royaliste, bien au contraire. Engagé aux côtés des révolutionnaires, il vote la mort de Louis XVI en 1793 et rêve de l’instauration d’un système républicain. Proche de Robespierre, portraitiste mortuaire de Marat, David manque de peu de passer sur la guillotine, pour avoir pris la tête de la Commune des arts (il devient à cette époque un équivalent de ministre de la culture) et renversé l’institution académique. Après avoir pris une part très active à la Révolution française (il est président du Club des Jacobins en 1793, en pleine Terreur), le peintre est emprisonné puis amnistié.

La mort de Marat

 

Après la Révolution, David revient dans le système académique restauré par le régime du Directoire et expose de nouveau au Salon. Il affirme toujours son style hellénisant.

 Mais il devient aussi l’un des fervents adeptes de Napoléon Bonaparte, devenant l’un des portraitistes d’un général qui le fascine. Abandonnant ses idéaux républicains, il se rallie à l’Empire. 

Le sacre de Napoléon

Il contribue même à forger sa propagande par l’image.

Après la chute de l’Empire, l’artiste conserve ses convictions bonapartistes. Le régime de la Restauration le proscrit et le peintre doit s’exiler à Bruxelles, où il meurt en 1825.

Napoléon franchissant les Alpes

Pour aller plus loin : L’art et le politique

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *